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Surpoids et obésité chez les enfants de 7 à 9 ans
France, 2000
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Rapport rédigé par Katia Castetbon et Marie-Françoise Rolland-Cachera |
Unité de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle (Usen), Institut de veille sanitaire (InVS), Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) |
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| Unité mixte de recherche Inserm U557 / Inra U1125 / Cnam |
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Cette étude a été réalisée grâce à la contribution du Dr Marie-Claude Romano (Direction de l’enseignement scolaire, ministère de l’Education nationale) et des médecins scolaires suivants:
Drs. M Ambard, J Bonnisseau, A-M Bouchard, S Donnadieu, E Lancelot, P Morel, I Ollier, V Onufryk, F Pelling, M Pradoura-Duflot, C Sainte Marie Perrin, A-C Verchère
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Au sein de l’Institut scientifique et technique sur la nutrition et l’alimentation (Istna/Cnam), ont également contribué à la réalisation de cette étude et de ce rapport:
N Arnault, S Hercberg, A Pinel, C Ribière, A Rouchaud, M Zarebska-Boussac.
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| Résumé |
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| 1. Introduction |
| 2. Objectifs de l’étude |
| 3. Population et données recueillies |
| 4. Statut anthropométrique des enfants de 7 à 9 ans |
| 5. Fréquences du surpoids et de l’obésité des enfants de 7 à 9 ans |
| 5.1. Méthodes |
| 5.1.1. Valeurs de références pour l’IMC – principe général |
| 5.1.2. Valeurs de références pour l’IMC – présentation |
| 5.1.3. Analyse statistique |
| 5.2. Résultats |
| 5.3. Discussion |
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| 6. Facteurs associés à la corpulence des enfants de 7 à 9 ans |
| 6.1. Corpulence des enfants de 7 à 9 ans, activité physique et sédentarité |
| 6.1.1. Résultats |
| 6.1.1.1. Échantillon disponible |
| 6.1.1.2. Activité physique et sédentarité en relation avec l’âge et le sexe |
| 6.1.1.3. Activité physique et sédentarité en relation avec le surpoids (obésité incluse) |
| 6.1.1.4. Activité physique et sédentarité en relation avec l’obésité |
| 6.1.1.5. Activité physique et sédentarité en relation avec d’autres indicateurs anthropométriques |
| 6.1.2. Discussion |
| 6.1.2.1. Données descriptives internationales et nationales |
| 6.1.2.2. Activité physique, sédentarité, surpoids et obésité |
| 6.1.2.3. Interventions de promotion de l’activité physique et de réduction de la sédentarité |
| 6.2. Corpulence des enfants de 7 à 9 ans, anthropométrie et conditions socio-économiques des parents |
| 6.2.1. Surpoids et obésité infantiles en relation avec la corpulence des parents |
| 6.2.1.1. Échantillon disponible |
| 6.2.1.2. Surpoids et obésité infantiles en relation avec la corpulence des parents |
| 6.2.1.3. Autres indicateurs anthropométriques en relation avec la corpulence des parents |
| 6.2.2. Surpoids et obésité infantiles en relation avec les conditions socio-économiques |
| 6.2.2.1. Échantillon disponible |
| 6.2.2.2. Surpoids et obésité infantiles en relation avec la CSP et l’activité de la mère |
| 6.2.2.3. Surpoids et obésité infantiles en relation avec la CSP et l’activité du père |
| 6.2.3. Discussion |
| 6.3. Activité physique et sédentarité en relation avec les conditions socio-économiques et la corpulence de la mère |
| 7. Conclusion |
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| Annexes |
| Annexe 1 - Fiche de mesures destinée aux médecins |
| Annexe 2 - Questionnaire destiné aux familles |
| Annexe 3 - Note d'information à l'intention des familles |
| Annexe 4 - Valeurs de références pour la définition du surpoids et de l'obésité chez les garçons de 2 à 18 ans |
| Annexe 5 - Valeurs de références pour la définition du surpoids et de l'obésité chez les filles de 2 à 18 ans |
| Références |
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Résumé
Les fréquences du surpoids et de l’obésité sont en augmentation chez les enfants dans le monde, ce qui a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à parler de véritable épidémie. La situation de la France était mal connue jusqu’à récemment. Le Programme national nutrition-santé (PNNS), mis en place en France en 2000, comprend neuf objectifs prioritaires. L’un d’eux est défini par l’arrêt de l’augmentation de la prévalence de l’obésité chez l’enfant. Une évaluation nationale de la situation était donc nécessaire.
Un groupe de travail européen sur l’obésité (ECOG) a recommandé un protocole pour l’évaluation du surpoids et de l’obésité ainsi que de leurs facteurs associés. Cette étude réalisée en France métropolitaine suit ce protocole et a été conduite auprès de plus de 1 500 enfants scolarisés en classes de cours élémentaire 1ère et 2ème années, âgés de 7 à 9 ans. Le recueil des mesures anthropométriques a été standardisé grâce à des instructions détaillées fournies aux médecins scolaires qui l’ont réalisé. D’autres données sur le mode de vie des enfants et certaines caractéristiques de leurs parents ont également été collectées.
La fréquence du surpoids selon les références françaises (97e percentile) a été estimée à 16,3 %. Selon les références de l’International Obesity Task Force (IOTF), la fréquence du surpoids était de 18,1 % ; parmi ces enfants, 3,8 % peuvent être considérés comme obèses selon ces mêmes références. Il n’y avait pas de différence notable selon le sexe et l’âge. Ces données montrent que la situation de la France est comparable à celle de la plupart des pays européens, bien que peu aient fourni des données aussi récentes à ce jour. Malgré l’absence de données anciennes à l’échelle nationale, elles montrent également une probable augmentation de ces fréquences au cours du temps en France.
Les facteurs associés à l’obésité font ressortir le rôle important de la sédentarité. Les enfants de cette étude passaient des temps importants à des activités sédentaires telles que la télévision. Ce facteur est associé au surpoids et à l’obésité chez les garçons. Chez les filles, la pratique d’un sport semble être le facteur distinguant celles qui avaient une corpulence normale des obèses.
Une relation significative a été mise en évidence entre la présence d’un surpoids chez les parents et le statut anthropométrique des enfants, tant chez les filles que chez les garçons. Par exemple, les filles présentant un surpoids ont, pour 16 % d’entre elles, un père obèse contre 3 % chez celles ne présentant pas de surpoids.
Une relation significative a également été relevée entre les conditions socio-économiques des parents et l’obésité de l’enfant : les enfants dont la mère appartenait au groupe des ouvrières / employées présentaient plus fréquemment une obésité par rapport à ceux dont la mère était cadre ou de profession intermédiaire, qu’elle soit en activité ou au chômage. L’association entre le surpoids ou l’obésité de l’enfant avec la catégorie socio-professionnelle du père était également significative : la fréquence du surpoids des enfants dont le père était ouvrier ou employé était de 20,2 % contre 12,1 % chez les enfants dont le père était cadre ou de profession intermédiaire.
Les limites de cette étude résident essentiellement dans son caractère transversal, qui ne permet pas de conclure à des relations de cause à effet. Quoique non représentatives, les données recueillies permettent de fournir des informations sur la situation en France et fournissent des éléments de compréhension dans les facteurs associés à la présence d’un surpoids ou d’une obésité chez les enfants. Ce sont en effet des éléments à prendre en compte dans la définition des politiques de santé publique, en termes d’identification d’enfants à risque de surpoids ou d’obésité et de prise en charge.
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1. Introduction
Les fréquences de surpoids et d’obésité augmentent de façon très rapide dans le monde, notamment chez les enfants. L’augmentation est telle que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère, depuis 1998, l’obésité comme un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale.
Concernant la France, nous ne disposions pas de données nationales jusqu’à récemment chez les enfants. Les études étaient généralement menées à des échelons régionaux. De plus, les analyses utilisaient des méthodes variées permettant difficilement des comparaisons entre études. La définition française de l’excès pondéral (Indice de masse corporelle > 97e centile des références françaises) étant disponible depuis plus de 20 ans, il a été malgré tout possible d’avoir une idée de l’ampleur du phénomène. Ainsi, chez des enfants âgés de 10 ans, dans le Centre-Ouest de la France, la prévalence du surpoids est passée de 5,1 à 12,5 % entre 1980 et 1996. La prévalence des obésités massives semblait augmenter de façon plus importante que la
prévalence des obésités modérées. Ce phénomène est d’autant plus inquiétant qu’une tendance vers une répartition de type androïde de la masse grasse a été observée. En outre, des cas de diabète de type II, jusqu’à maintenant limité aux adultes, ont été identifiés chez des enfants massivement obèses en grande majorité d’origine ethnique prédisposée. En France, seuls quelques rares cas ont été identifiés [1], mais il est probable que notre pays ne restera pas épargné si la prévalence de l’obésité infantile continue de croître.
Cette augmentation semble grandement liée aux changements vers un mode de vie de plus en plus sédentaire, et vers une alimentation qui semble délétère à la santé. Cependant, les causes de cette augmentation sont encore imparfaitement identifiées.
Des actions de prévention sont donc indispensables. Pour évaluer l’importance du problème, il faut disposer de données nationales fiables. Pour cela, il était nécessaire de réaliser une étude à l’échelle nationale, utilisant des méthodes d’estimation validées et permettant des comparaisons entre les différentes études. |
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2. Objectifs de l’étude
L’objectif principal de l’étude était d’estimer la distribution, dans une population d’enfants de 7 à 9 ans vivant en France métropolitaine, de la corpulence estimée par l’indice de masse corporelle (IMC), et les principales caractéristiques de la répartition adipeuse (tour de hanche et tour de taille).
Les objectifs secondaires portaient sur l’étude de certains facteurs associés à l’état staturo-pondéral, notamment en regard de l’activité physique et de la sédentarité ainsi que du niveau socio-économique et de la corpulence des parents.
Pour cela un protocole européen a été choisi et l’analyse a utilisé des définitions de l’obésité reconnues actuellement. Parmi les méthodes souvent utilisées, les courbes de référence françaises de l’IMC comportent tous les rangs de centiles (du 3e au 97e) définissant les zones d’insuffisance, de normalité et d’excès pondéral, et d’autre part, la définition internationale dont les deux centiles ne concernent que le surpoids et l’obésité. L’évaluation de la prévalence à partir d’autres références telles que celles du CDC permettent d’élargir les possibilités de comparaisons avec d’autres études.
Un des intérêts de cette étude était de pouvoir disposer de données pouvant servir de base à des comparaisons, d’une part avec des études ultérieures afin d’évaluer l’évolution de ce phénomène en France, et d’autre part avec des données d’autres pays. |
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3. Population et données recueillies
Cette étude a été réalisée entre mai et juillet 2000 en collaboration avec le ministère de l’Education nationale. Elle était basée sur le protocole du groupe européen de l’obésité des enfants (ECOG) [2], qui préconise le recrutement aléatoire d’enfants de 7 à 9 ans. Cette tranche d'âge a été choisie pour des raisons pratiques et physiologiques.
– Vers l’âge de 6 ans, survient le rebond d’adiposité, à la suite du nadir de la courbe de l’IMC [3]. Avant cet âge, la position des valeurs individuelles par rapport aux valeurs de référence est le plus souvent transitoire. L’estimation de la prévalence du surpoids ou de l’obésité avant 6 ans semble donc moins pertinente qu'à un âge où la plupart des cas de surpoids ou d'obésité ont un plus grand risque de se maintenir jusqu'à la fin de la croissance. En effet, après 6 ans, l’obésité a une meilleure valeur prédictive du statut adipeux de l’adulte [4].
- De plus, cette tranche d’âge pourrait être une période favorable pour des stratégies de prévention et mérite donc un intérêt particulier. En effet, à la puberté, les facteurs comportementaux et physiologiques peuvent introduire des facteurs « parasites » (stade pubertaire, régimes, désordres alimentaires, etc.) pour les interventions et l’analyse des données.
- Enfin, l’école étant obligatoire en France, on peut considérer que pratiquement tous les enfants de 7 à 9 ans fréquentent les classes des cours élémentaires de 1ère et 2e année dans les écoles primaires.
Les écoles primaires étaient tout d’abord sélectionnées aléatoirement par les médecins scolaires des académies volontaires pour participer. Dans chaque école sélectionnée, l’équipe médicale tirait au sort deux classes, une de CE1 et une de CE2. Si les classes sélectionnées comportaient moins de 25 enfants, d’autres enfants des autres classes de CE1 et de CE2 étaient tirés au sort pour atteindre l’effectif de 25 enfants.
Dans chaque école, une infirmière ou un médecin collectait des informations sur l’âge et le sexe et prenait les mesures anthropométriques selon des procédures standardisées [5]. Des instructions détaillées pour prendre ces mesures étaient fournies (Cf. Annexes) : elles étaient relevées sur des enfants légèrement vêtus, sans chaussures, de préférence le matin ; la taille était mesurée l’enfant étant debout, le poids bien distribué sur les deux pieds ; le poids était mesuré sur une balance disponible dans l’école, soit une balance électronique ayant une précision de 100 g, soit une balance mécanique. Les circonférences du bras, de la taille et des hanches étaient mesurées selon des procédures standardisées avec la fourniture de
dessins adéquats. Un questionnaire complémentaire était rempli par les parents au domicile (Cf. Annexes). Il comprenait des informations sur leurs propres poids et taille, leur âge, leur profession et niveau d’éducation, ainsi que sur le niveau d’activité physique des enfants et les données anthropométriques disponibles dans le carnet de santé de l’enfant. Le consentement des parents était obtenu pour la participation de l’enfant à l’étude. |
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4. Statut anthropométrique des enfants de 7 à 9 ans
Onze académies sur 26 potentielles en France métropolitaine, ont été volontaires pour participer à cette étude : Aix-Marseille, Caen, Lyon, Nancy-Metz, Nantes, Nice, Orléans-Tours, Paris, Rouen, Toulouse et Versailles. Entre 5 et 12 écoles ont été incluses par académie, ce qui représente au total 70 écoles incluses dans l’étude. Dix-sept écoles sur 70 ont inclus moins de 20 élèves en raison d’effectifs insuffisants dans les niveaux scolaires sélectionnés. Moins de 3 % de refus de participation par les parents ont été relevés.
Chez les 1 627 enfants des deux niveaux de cours élémentaires inclus dans l’étude, les données de 20 d’entre eux n’ont pas été utilisées car incomplètes (anthropométrie : N= 17 ; date de naissance : N= 3). Vingt-cinq autres enfants n’ont pas été inclus dans les analyses car ils n’étaient pas de l’âge du protocole. Finalement, les analyses ont porté sur 1 582 enfants (97,2 % de l’échantillon initial) répartis dans 70 écoles. L’échantillon incluait 796 filles (50,3 %) et 786 garçons (49,7 %). La classe d’âge des 7 ans incluait 32 % des enfants de l’échantillon (31,8 % des filles et 31,7 % des garçons), celle des 8 ans incluait 50 % des enfants (50,4 % des filles et 49,0 % des garçons) et celle des 9 ans, 18 % des enfants (17,8 % des
filles et 19,3 % des garçons).
Le tableau 1 présente les mesures anthropométriques selon l’âge et le sexe. Le poids et la taille augmentaient avec l’âge chez les filles et les garçons, tandis que l’IMC restait relativement stable en moyenne. De même, le tour de taille et le tour de hanches augmentaient tandis que le rapport taille sur hanches (RTH) restait stable avec l’âge.
La comparaison de moyennes des variables anthropométriques autres que l’IMC selon la présence d’un surpoids ou non, ou d’une obésité ou non (références de l’IOTF pour l’IMC, voir définition section suivante) a montré les résultats suivants : les valeurs moyennes des mesures anthropométriques étaient significativement plus élevées chez les enfants présentant un surpoids par rapport à ceux n’en présentant pas, à l’exception du RTH, qui était associé au surpoids seulement chez les enfants les plus âgés (Données détaillées non présentées).
| Tableau 1. Statut anthropométrique des enfants de 7 à 9 ans par classe d’âge, France, 2000 (N = 1 582) |
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F i l l e s |
G a r ç o n s |
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7 ans |
8 ans |
9 ans |
7 ans |
8 ans |
9 ans |
| Effectif |
253 |
401 |
142 |
249 |
385 |
152 |
| Poids (kg) |
25.8 |
± 4,7 |
28,2 |
± 5,5 |
30,3 |
±6,7 |
26,1 |
± 4,7 |
29,0 |
±5,7 |
30,8 |
6,4 |
| Taille (cm) |
125 |
± 6,0 |
130 |
± 6,0 |
134 |
± 6,0 |
126 |
± 6,0 |
131 |
± 6,0 |
134 |
6,0 |
| IMC (Taille Kg/m²) |
16,4 |
± 2,3 |
16,7 |
± 2,4 |
16,7 |
± 2,9 |
16,5 |
± 2,3 |
16,8 |
± 2,5 |
17,0 |
2,6 |
| Périmètre bras (cm) |
19,2 |
± 2,3 |
19,9 |
± 2,4 |
20,4 |
± 2,9 |
19,1 |
± 2,3 |
19,8 |
± 2,7 |
20,3 |
2,8 |
| Tour de hanche (cm) |
67,0 |
± 6,0 |
69,2 |
± 6,7 |
70,6 |
± 7,3 |
66,3 |
± 6,0 |
68,7 |
± 6,7 |
70,3 |
7,1 |
| Tour de taille (cm) |
56,5 |
± 5,6 |
57,9 |
± 6,2 |
58,7 |
±7,2 |
57,8 |
± 5,2 |
59,3 |
± 6,2 |
60,4 |
6,7 |
| RTH |
0,84 |
±0,05 |
0,84 |
±0,05 |
0,83 |
±0,05 |
0,87 |
± 0,04 |
0,86 |
± 0,05 |
0,86 |
0,05 |
| Les valeurs sont les moyennes (± Ecart-type) ; RTH : rapport tour de taille / tour de hanches |
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5. Fréquences du surpoids et de l’obésité des enfants
de 7 à 9 ans, France, 2000
Note : cette section est une adaptation enrichie et en français d’un article paru en langue anglaise dans une revue internationale.
olland-Cachera MF, Castetbon K, Arnault N, Bellisle F, Romano MC, Lehingue Y, Frelut ML, Hercberg S. Body mass index in 7 – 9 y-old French hildren: frenquency of obesity, overweight and thinness. Int J Obes 2002; 26:1610-6.
5.1. Méthodes
Plusieurs valeurs de référence sont disponibles pour classer les enfants en surpoids et/ou obésité, et ainsi estimer des fréquences de surpoids et/ou d’obésité. Elles prévoient l’utilisation de marqueurs anthropométriques variés (poids pour l’âge, taille pour l’âge, poids pour la taille, plis cutanés, tours de aille, etc…), parfois de façon combinée. Dans cette étude, nous nous sommes limités à l’utilisation de IMC, qui est recommandé pour décrire la corpulence des enfants dans les populations, bien que le tour de taille soit depuis récemment considéré comme un marqueur plus sensible de l’évolution des réquences d’obésité [6].
Pour permettre des comparaisons entre études, il est utile de fournir des estimations réalisées à partir de différentes valeurs de référence existantes. Le principe général d’utilisation de ces valeurs repose sur la classification de chaque enfant selon la valeur de son IMC par rapport à celle de référence au même âge pour le considérer comme présentant ou non un surpoids ou une obésité.
5.1.1. Valeurs de références pour l’IMC – principe général
Quatre sources de valeurs de référence ont été utilisées dans cette étude pour estimer les fréquences de surpoids et d’obésité chez les enfants de 7 à 9 ans en France en 2000 : les références françaises de M Sempé et M-F Rolland-Cachera, les références américaines à partir d’enquêtes NHANES et publiées par Must et al., ainsi que celles fournies plus récemment par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), et enfin les références publiées par l’International Obesity Task Force (IOTF) (Tableau 2). La valeur des références est présentée en annexe.
La construction de ces courbes repose sur la distribution de valeurs observées à chaque âge avec ’estimation de centiles, et ce, de façon séparée pour les garçons et les filles. En raison de asymétrie de la distribution, des méthodes particulières de lissage sont nécessaires pour pouvoir déterminer des centiles (LMS). En effet, les calculs de z-scores repose sur l’hypothèse de normalité de a distribution. Un lissage doit être utilisé à chaque âge, l’ampleur de la dissymétrie étant variable selon l’âge. |
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L’IMC change avec l’âge selon une allure qui est présentée figure 1. Il augmente fortement dans la première année de vie pour atteindre un premier pic vers l’âge d’un an, puis il décroît pour atteindre un minimum entre 5 et 6 ans. A partir de cet âge, l’IMC augmente de nouveau progressivement jusqu’à l’âge adulte.
Tableau 2. Courbes de référence pour l’indice de masse corporelle chez l’enfant : base de données source, méthode de lissage et percentiles habituellement utilisés pour définir le surpoids ou l’obésité.
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Tableau 2. Courbes de référence pour l’indice de masse corporelle chez l’enfant : base de données source, méthode de lissage et percentiles habituellement utilisés pour définir le surpoids ou l’obésité |
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5.1.2. Valeurs de références pour l’IMC – présentation Références françaises de M-F Rolland Cachera et al, 1991
Ces valeurs ont été établies à partir de données recueillies dans une cohorte d’enfants depuis l’âge d’un mois à 15 ans et complétées jusqu’à 20 ans par les données d’une étude transversale. Cette étude a débuté entre 1953 et 1960 [3]. La méthode de lissage LMS1 a été utilisée pour permettre le calcul des centiles à chaque âge [7]. Ces courbes ont été publiées en 1991 et sont présentes dans les carnets de santé en France depuis 1995. Elles ont été utilisées dans des études conduites en France mais aussi dans d’autres pays européens. Une de leurs limites concerne le faible effectif d’enfants suivis (N = 277 à 4 ans par exemple) ; leur avantage majeur est qu’elles reposent sur des données longitudinales, et qu’elles ont été établies à
partir de données recueillies en France.
La courbe du 97e percentile est en général utilisée pour définir le surpoids chez les enfants, les enfants obèses étant inclus dans cette définition. La courbe du 90e percentile est parfois utilisée pour estimer le surpoids modéré mais elle conduit à une surestimation de cette fréquence, tant au niveau individuel (pas de prise en charge clinique spécifique pour un enfant dont l’IMC est au dessus du 90e percentile et inférieur au 97e percentile en l’absence de changement de la dynamique de la croissance), que des populations (incertitude quant aux conséquences morbides tant à moyen terme qu’à long terme ; trop grand écart d’estimations avec d’autres références). Il est donc déconseillé d’utiliser ce seuil du 90e percentile.
Références de Must et al, 1991
Ces valeurs, publiées en 1991, ont été établies à partir de données recueillies en 1971–1974 dans le cadre des enquêtes de surveillance nationales américaines (National Health ANd Examination Survey
1 La méthode LMS repose sur l’utilisation du cœfficient de transformation de la variable de type Box-Cox, de la médiane et du cœfficient de variation, qui permettent le calcul d’un centile exact à chaque âge.
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Courbes de références pour l'indice de masse corporelle (IMC) chez l'enfant |
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(NHANES I)) [8]. Il s’agissait d’une enquête transversale ayant porté sur plus de 20 000 sujets âgés de 6 à 74 ans. Outre l’établissement de valeurs de référence pour l’IMC (9–24 ans), des références pour le pli cutané tricipital et le pli sous-scapulaire sont disponibles (9–18 ans) ; l’OMS a recommandé l’utilisation combinée de ces trois marqueurs pour juger de la corpulence des adolescents (9–18 ans) [5].
Les courbes de centiles ont été lissées avec la méthode de régression pondérée localement. Les 85e et 95e percentiles de l’IMC sont généralement utilisés pour définir respectivement le surpoids et l’obésité chez les enfants. Bien que les auteurs aient présenté des données séparées par race, il est habituel d’utiliser les valeurs de référence pour l’ensemble de la population. Une limite majeure de ces références est relative à la méthode de lissage utilisée, considérée comme moins adaptée à ce type de données que la méthode LMS.
Références des Centers for Disease Control, 2000
Elles ont été publiées récemment [9], les CDC ayant jusqu’alors utilisé d’autres marqueurs anthropométriques que l’IMC (poids pour l’âge, taille pour l’âge ou poids pour la taille). Les valeurs proposées sont issues d’enquêtes de surveillance américaines conduites par le National Council of Health Survey (NCHS) des CDC réalisées entre 1963–1965 et 1976–1980 et qui ont porté sur plusieurs milliers de sujets. La méthode LMS a été utilisée pour lisser les données.
Le 85e percentile peut être recommandé pour définir le surpoids, et le 95e, pour définir l’obésité. Les publications américaines les plus récentes tendent à considérer que le 85e percentile permet d’identifier les enfants à risque de surpoids et le 95e percentile, ceux en surpoids. Cependant, la figure 1 montre bien que le 85e percentile est proche des seuils de surpoids des autres références et que le 95e percentile est proche des autres seuils d'obésité. Leur intérêt repose sur le grand nombre d’observations à partir desquelles elles ont été établies. Une de leur faiblesse reste que l’utilisation de données recueillies jusqu’à la fin des années 1970 pourrait être discutée, l’épidémie d’obésité et de surpoids ayant déjà
probablement commencé à cette époque aux Etats-Unis.
Références de l’International Obesity Task Force, 2001
A l’initiative d’un groupe de travail international, des observations recueillies dans six pays ont été utilisées pour définir ces valeurs. Outre cet avantage important pour une utilisation internationale, les auteurs ont eu une démarche originale pour déterminer un critère de choix des valeurs de la distribution pouvant définir des seuils, autre qu'un choix arbitraire de percentiles. Le surpoids et l’obésité chez l’enfant n’ont pas de morbidité clairement définie, ni de mortalité immédiate permettant de choisir un seuil autrement qu’arbitrairement à partir de percentiles dans une population considérée comme « saine ». Ici, il a été considéré que le risque principal associé au surpoids ou à l’obésité infantile était de présenter un
surpoids et/ou une obésité à l’âge adulte. Les valeurs de référence ont donc été déterminées à partir des courbes de croissance atteignant à l’âge de 18 ans, un IMC égal à 25 pour le surpoids et un IMC égal à 30 pour l’obésité.
La figure 1 montre que les courbes des références des 95e percentiles de Must, des 95e percentiles des CDC et de la courbe du centile 30 sont très proches, et peuvent être utilisées pour l’estimation des fréquences de l’obésité. Les courbes du 97e percentile des références françaises, celle du 85e percentile des références de Must, celle du 85e percentile des références des CDC et celles des centiles 25 de l’IOTF sont utilisables pour estimer les fréquences de surpoids dans une population. Elles sont remarquablement proches au delà de 6 ans mais peuvent donner des estimations assez différentes chez les enfants plus jeunes.
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5.1.3. Analyse statistique
Les analyses statistiques ont été réalisées chez les enfants de cours élémentaires qui avaient des données complètes pour l’âge, le niveau scolaire, le poids et la taille. Les enfants de moins de 7 ans et plus de 10 ans ont été exclus. Trois classes d’âge ont été définies : la classe des 7 ans (7,0 à 7,9 ans), celle des 8 ans (8,0 à 8,9 ans) et celle des 9 ans (9,0 à 9,9 ans). Les valeurs de référence choisies pour chaque référence sont celles correspondant au milieu de la valeur de la classe, c’est-à-dire la valeur de référence de 7,5 ans pour la classe des 7 ans, la valeur de référence de 8,5 ans pour la classe d’âge de 8 ans et la valeur de référence de 9,5 ans pour la classe d’âge de 9 ans.
Les fréquences de surpoids et obésité sont calculées en utilisant une standardisation directe sur l’âge et le sexe, selon les données du recensement national établi en 1999 (disponible sur http://www.recensement.insee.fr/). Les comparaisons de fréquence entre classe d’âge ou entre sexe ont été calculées en utilisant le chi-2 de Mantel-Haenszel.
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5.2. Résultats
Les fréquences standardisées sur l’âge et sur le sexe du surpoids (obésité incluse) sont estimées entre 16,3 % (références françaises) et 23,9 % (Must et al.), les deux autres références fournissant des estimations intermédiaires (figure 2). Une différence significative de la fréquence du surpoids (obésité incluse) entre les sexes (figures 3 et 4) a été mise en évidence en utilisant les références françaises chez les enfants de 8 ans (12,7 % pour les garçons versus 18,7 % pour les filles, p=0,02). Il n’y a pas de différence entre les sexes en utilisant les autres références.
Il n’y avait pas de différence de fréquence de surpoids entre les classes d’âge, à l’exception des estimations d’après les références de Must et al. : une diminution de la fréquence du surpoids a été observée, de 28,5 % chez les filles de 7 ans à 18,3 % chez les filles de 9 ans (p=0,02), et de 28,5 % chez les garçons de 7 ans à 21,7 % chez les garçons de 9 ans (p=0,11).
Les fréquences de l’obésité (figure 2) quant à elles étaient estimées entre 3,8 % (références de l’IOTF) et 9,3 % (références de Must et al.). Elles ne variaient pas significativement selon le sexe (figures 3 et 4) quelle que soit la référence utilisée. Une tendance à une diminution de la fréquence de l’obésité avec l’âge est observée chez les garçons et les filles, mais sans atteindre une différence statistiquement significative (données détaillées non présentées).
|
|
|
5.3. Discussion
Cette étude conduite en 2000 chez des enfants français de 7 à 9 ans confirme les fréquences élevées de surpoids et d’obésité rapportées par ailleurs en Europe de l’Ouest. Les fréquences de surpoids et d’obésité ont été calculées selon quatre références, afin de fournir des estimations qui permettent les comparaisons entre les différentes études.
Comme Flegal et al. l’ont montré chez des enfants américains de classes d’âge similaires à celles étudiées ici [10], nous avons systématiquement observé les plus hautes estimations en utilisant les références américaines de Must et al. et des CDC. Les différences dans les estimations de fréquences s’expliquent principalement par le choix des valeurs de référence. Elles sont établies sur des niveaux de percentiles différents, et les populations de référence diffèrent par la date de recueil des données, le pays d’origine, le schéma de l’étude et les méthodes de lissage utilisées (voir section méthodes).
Fréquences de surpoids et d’obésité selon plusieurs références chez les enfants de 7 – 9 ans, France, 2000
Courbes de références pour l'indice de masse corporelle (IMC) chez l'enfant |

|
| a = surpoids (obésité incluse) b = obésité
c = surpoids |
Fréquences de surpoids et d'obésité selon plusieurs références chez les garçons de 7-9 ans France 2000 |

|
| a = surpoids (obésité incluse) b = obésité
c = surpoids |
Fréquences de surpoids et d'obésité selon plusieurs références chez les filles de 7-9 ans France 2000 |

|
| a = surpoids (obésité incluse) b = obésité
c = surpoids |
En France, les études précédemment publiées et utilisant les références françaises (97e percentile) ont généralement été conduites à un niveau régional et à des âges différents. En 1992, la fréquence de surpoids (obésité incluse) était estimée à 10,2 % chez les 5-12 ans du Nord de la France [11]. En 2000, dans cette même région et chez des enfants de mêmes âges, elle était alors de 13,0 % [12]. Une étude conduite en 1996 chez les enfants de 10 ans du Centre-Ouest montrait une prévalence de surpoids (obésité incluse) de 12,5 % [13] ; en Ile-de-France en 1996, cette fréquence était estimée à 13,4 % chez des garçons de 10 ans en moyenne, et à 13,9 % chez des filles du même âge [14]. Bien que non directement comparable, notamment en raison des âges différents, les 16 % de surpoids rapportés ici en 2000
suggèreraient une augmentation forte et relativement récente.
Par ailleurs, en 1999-2000, une enquête conduite en grande section de maternelle (moyenne d’âge
:
6 ans) a permis d’estimer une fréquence du surpoids (obésité incluse) à 14 % selon les références de l’IOTF [15] ; il est légitime de s’attendre à des fréquences plus faibles chez les enfants moins âgés comme l’a montré l’étude ObEpi [16]. Cette dernière fournit en 2000 des valeurs comparables à celles observées ici pour des âges comparables : chez les enfants de 7, 8 et 9 ans, les fréquences de surpoids (obésité incluse) étaient 20,4 %, 16,9 % et 17,4 % selon les références de l’IOTF [17]. Enfin, une étude plus récente réalisée dans le Bas-Rhin chez des enfants de sixième (âge moyen : 12,1 ans) en 2001 [18] a montré des fréquences de surpoids (obésité incluse) de 22,7 % et d’obésité de 5,2 % selon les références de l’IOTF.
Les données récemment publiées par Flegal et al [10] permettent une comparaison entre les études américaines et françaises, bien que les âges soient légèrement différents. D’après les références IOTF, la fréquence du surpoids (obésité incluse) était chez les enfants de 6 à 8 ans, de 12,5 % chez les garçons et de 11,8 % chez les filles dans l’enquête NHANES II (1976-1980), et de 18,3 % chez les garçons et de 22,7 % chez les filles dans l’enquête NHANES III (1988-1994). Les estimations pour l’obésité étaient, respectivement, 3,4 % et 7,7 % chez les garçons et 2,9 % et 7,8 % chez les filles. Les fréquences de surpoids incluant l’obésité en France en 2000 sont donc similaires aux valeurs américaines observées à la fin des années 1980
tandis que celles de l’obésité sont semblables à celles observées à la fin des années 1970. Cette comparaison montre donc également qu’aux Etats-Unis l’obésité contribue dans une plus large proportion au surpoids total qu’en France, ce qui laisse penser à une histoire différente de cette épidémie entre les deux pays. Les données les plus récentes concernant les Etats-Unis sur l’enquête nationale 1999–2000 font état d’une prévalence de l’obésité selon le 95e percentile des références des CDC de 16,0 % chez les garçons de 6–11 ans et 14,5 % chez les filles du même âge, soit le double de ce qui est observé en France pour des âges un peu différents.
La situation de la France en 2000 peut être comparée à celle d’autres pays occidentaux d’après des études relativement récentes en utilisant des références identiques et des classes d’âge les plus proches possibles (tableaux 3 à 5). Par exemple, selon les références de l’IOTF pour le surpoids (tableau 4), la France connaissait une situation comparable à celle de la Grèce en 1997–1998 [19] et de l’Angleterre en 1998 [20], au moins pour les garçons. Elle connaissait une situation meilleure que celle du Canada en 1996 [21], de l’Australie en 1997 [22], de l’Espagne en 1998–1999 [23] ou de Chypres en 1999–2000 [24]. En revanche, elle connaissait une situation plus défavorable que celle de l’Angleterre en 1994 [25], et de l’Allemagne en
1997 [26].
Alors que le Programme national nutrition-santé (PNNS) est en place, la présente étude fournit des informations sur le statut pondéral récent des enfants français. Les fréquences de surpoids observées ici restent certes plus basses que celles observées aux USA mais comparables à celles rapportées en Europe de l’Ouest. De plus, grâce au récent consensus de la définition de l’obésité infantile par l’IOTF, les présentes données peuvent constituer une base pour la comparaison entre les pays, particulièrement ceux où des études utilisant des protocoles comparables sont conduites. |
Tableau 3. Fréquences du surpoids et d'obésité en France et dans différents pays occidentaux selon les références de l'IOTF. |
| Auteur |
Pays |
Année de recueil |
Zone géographique |
Population |
Surpoidsª % |
Obésité b % |
| Sexe |
Âge |
Effectif |
| Rolland-Cachera 2002 |
France |
2000 |
national |
garçons |
7 |
249 |
19,7 % |
4,4 % |
| 8 |
385 |
15,6 % |
4,2 % |
| 9 |
152 |
18,4 % |
3,3 % |
| filles |
7 |
253 |
18,6 % |
4,7 % |
| 8 |
401 |
19,5 % |
2,5 % |
| 9 |
142 |
16,9 % |
3,5 % |
| - |
|
| Flegal 2001 |
Etats-Unis |
1988-1994 |
national |
garçons |
6-8 |
nd |
18,3 % |
7,7 % |
| 9-11 |
nd |
25,2 % |
6,5 % |
| filles |
6-8 |
nd |
22,7 % |
7,8 % |
| 9-11 |
nd |
26,4 % |
8,8 % |
| - |
| Chinn 2001 |
Angleterre |
1994 |
national |
garçons |
7-8 |
nd |
9,0 % |
|
| 9-11 |
(4-11 : 3 016) |
12,7 % |
|
| filles |
7-8 |
nd |
12,5 % |
|
| 9-11 |
(4-11 : 2 858) |
16,7 % |
|
| - |
| Tremblay 2002 |
Canada |
1996 |
national |
garçons |
7-13 |
3 152 |
32,4 % |
10,4 % |
| filles |
7-13 |
3 125 |
26,4 % |
9,1 % |
|
| Booth 2003 |
Australie |
1997 |
régional |
garçons |
7 |
437 |
32,4 % |
10,4 % |
| 9 |
446 |
26,4 % |
9,1 % |
| filles |
7 |
384 |
22,7 % |
7,3 % |
| 9 |
377 |
21,0 % |
4,2 % |
| - |
| Karayiannis 2003 |
Grèce |
1997-1998 |
national |
garçons |
7 |
437 |
32,4 % |
10,4 % |
| 9 |
446 |
26,4 % |
9,1 % |
| filles |
7 |
384 |
22,7 % |
7,3 % |
| 9 |
377 |
21,0 % |
4,2 % |
| - |
| Lonstein 2003 |
Angleterre |
1998 |
national |
garçons |
7 |
144 |
18,6 % |
5,0 % |
| 8 |
129 |
17,9 % |
5,3 % |
| 9 |
123 |
13,2 % |
1,7 % |
| filles |
7 |
115 |
26,4 % |
3,6 % |
| 8 |
113 |
19,3 % |
2,6 % |
| 9 |
112 |
24,3 % |
5,4 % |
| - |
| Rodriguez-Artalejo 2002 |
Espagne |
1998-1999 |
Cadiz |
|
6-7 |
250 |
34,5 % |
15,7 % |
| Murcia (Sud-Est) |
|
283 |
32,9 % |
13,9 % |
| Madrid (Centre) |
|
272 |
28,9 % |
8,5 % |
| Orense (Nord-Ouest) |
|
307 |
27,9 % |
9,5 % |
| - |
|
| Savva 2002 |
Chypre |
1999-2000 |
national |
garçons |
7 |
93 |
16,1 % |
8,6 % |
| 8 |
96 |
20,8 % |
8,3 % |
| 9 |
121 |
24,0 % |
4,1 % |
| filles |
7 |
100 |
29,0 % |
8,0 % |
| 8 |
96 |
26,0 % |
6,3 % |
| 9 |
112 |
24,1 % |
8,0 % |
| ª : obésité incluse, courbe de centiles passant par un IMC égal à 25 à l'âge de 18 ans |
| b : courbe de centiles passant par un IMC égal à 30 à l'âge de 18 ans |
|
|
|
Tableau 4. Fréquences du surpoids et d'obésité en France et dans différents pays occidentaux selon les références françaises. |
| Auteur |
Pays |
Année de recueil |
Zone géographique |
Population |
Surpoidsª % |
| Sexe |
Âge |
Effectif |
| Rolland-Cachera 2002 |
France |
2000 |
national |
garçons |
7 |
249 |
14,9 % |
| 8 |
385 |
12,7 % |
| 9 |
152 |
17,1 % |
| filles |
7 |
253 |
17,8 % |
| 8 |
401 |
18,7 % |
| 9 |
142 |
16,9 % |
| |
| Kromeyer 1999 |
Allemagne |
1995 |
régional |
garçons |
7 |
79 |
21,5 % |
| 8 |
118 |
7,6 % |
| 9 |
109 |
15,6 % |
| filles |
7 |
71 |
15,5 % |
| 8 |
120 |
12,5 % |
| 9 |
120 |
10,0 % |
| |
| Zimmermann 2000 |
Suisse |
1999 |
national |
garçons |
6-12 |
297 |
16,4 % |
| filles |
6-12 |
298 |
15,2 % |
|
| ª : obésité incluse, 97ème percentile des références |
|
|
|
|
Tableau 5. Fréquences du surpoids et d'obésité en France et dans différents pays occidentaux selon les références des Centers for Disease Control. |
|
| Auteur |
Pays |
Année de recueil |
Zone géographique |
Population |
Surpoidsª % |
Obésité b % |
| Sexe |
Âge |
Effectif |
| Rolland-Cachera 2002 |
France |
2000 |
national |
garçons |
7 |
249 |
25,3 |
8,8 % |
| 8 |
385 |
21,8 |
7,3 % |
| 9 |
152 |
20,4 |
6,6 % |
| filles |
7 |
253 |
20,2 |
5,5 % |
| 8 |
401 |
19,5 |
6,0 % |
| 9 |
142 |
16,2 |
4,2 % |
| -/FONT> |
|
| Flegal 2001 |
Etats-Unis |
1988-1994 |
national |
garçons |
6-8 |
nd |
23,3 |
10,8 % |
| 9-11 |
nd |
27,8 |
12,8 % |
| filles |
6-8 |
nd |
23,3 |
11,0 % |
| 9-11 |
nd |
25,6 |
11,0 % |
| |
|
| Karayiannis 2003 |
Grèce |
1997-1998 |
national |
garçons |
11,5 |
nd |
17,3 |
4,7 % |
| (11,5-15,5 : 2 294) |
|
|
| filles |
11,5 |
nd |
9,8 |
2,2 % |
| (11,5-15,5 : 2 205) |
|
|
| |
| Ogden 2003 |
Etats-Unis |
1999-2000 |
national |
garçons |
6-11 |
546 |
- |
16,0 % |
| filles |
6-11 |
508 |
- |
14,5 % |
|
| ª : obésité incluse, 97ème percentile des références b: 95ème percentile des références |
|
|
|
|
|
6. Facteurs associés à la corpulence des enfants de 7 à 9 ans
6.1. Corpulence des enfants de 7 à 9 ans, activité physique et sédentarité
Au cours des dernières décennies, la diminution de l’activité physique et surtout l’augmentation du temps passé à des activités sédentaires ont été observées dans l’ensemble des pays occidentaux, en parallèle à l’augmentation de l’obésité. Une hypothèse avancée est que la sédentarité est la principale cause des problèmes de poids, étant impliqués chez les enfants, non seulement le nombre d’heures passées devant la télévision, mais également le développement des jeux vidéo ou d’autres activités sédentaires [30]. |
|
|
|
| 6.1.1. Résultats |
|
|
6.1.1.1. Échantillon disponible
Ces analyses ont porté sur les 1 147 enfants (72,5 % de l'échantillon initial) pour lesquels les données sur l’activité physique étaient disponibles. Les enfants non retenus pour ces analyses n’étaient pas différents de ceux retenus du point de vue du sexe (52 % de filles chez les enfants non retenus versus 50 % de filles chez les enfants retenus pour les analyses, p =0,49) ou de leur statut pondéral (17 % d’enfants non retenus présentant un surpoids versus 16 % d’enfants retenus présentant un surpoids, p = 0,39). En revanche, les enfants non retenus étaient plus jeunes que les enfants retenus pour ces analyses, la répartition en classes d’âge étant la suivante, respectivement : 7 ans : 29 % versus 33 % ; 8 ans : 47 % versus 51 % ;
9 ans : 24
%
versus 17 % ; p = 0,003. |
|
|
6.1.1.2. Activité physique et sédentarité en relation avec l’âge et le sexe
L’activité physique a été évaluée grâce aux données collectées sur le moyen de transport entre le domicile et l’école, la pratique d’un sport et la déclaration par les parents d’une activité régulière de l’enfant (pratique de patins, vélo, etc.). La sédentarité quant à elle a été estimée par le temps passé devant la télévision, ou les jeux vidéo et l’ordinateur. La distinction ayant été faite dans le questionnaire entre les jours de semaine et ceux d’école, un temps moyen quotidien a pu être estimé en pondérant les temps respectifs de semaine et de week-end.
S’il n’y avait pas de différence entre les filles et les garçons sur le mode de transport ou l’activité régulière (tableau 6), 63 % des filles contre 69 % des garçons pratiquaient un sport (p = 0,03). Le niveau d’activité physique (moyen de transport, sport, déclaration des parents) ne variait pas avec l’âge chez les garçons, mais ceux les plus âgés étaient les plus sédentaires (temps pondéré devant la télévision ou les jeux vidéos : 2,0 heures (± 1,2) chez les garçons de 7 ans, 2,2 heures (± 1,2) chez ceux de 8 ans, et 2,3 heures (± 1,1) chez ceux de 9 ans ; p = 0,01). Chez les filles, les plus âgées étaient considérées comme les plus actives par les parents (7 ans : 82 % ; 8 ans : 88 % et 9 ans : 94 % ; p = 0,003).
Le temps passé à des activités sédentaires (télévision et jeux vidéos) était globalement différent entre les garçons et les filles (2,1 heures (± 1,0) versus 1,8 heures (± 0,9) ; p < 10-4). La différence était en fait due à la différence de temps passé aux jeux vidéos (0,58 heures (± 0,55) versus 0,35 heures (± 0,45) ; p < 10-4). Mais la différence de temps passé devant la télévision n’était pas significative (1,5 heures (± 0,9) versus 1,4 heures (± 0,9) ; p = 0,54). Un tiers des filles et des garçons regardait la télévision moins d’une heure par jour, les deux-tiers, entre 2 heures et 3 heures, le pourcentage d’enfants la regardant 4 heures et plus étant marginal (2 à 3 %).
|
|
6.1.1.3. Activité physique et sédentarité en relation avec le surpoids (obésité incluse)
L’activité physique, estimée par le moyen de transport ou la pratique d’un sport, n’était pas liée à la présence d’un surpoids, ni chez les garçons, ni chez les filles (tableau 6). Cependant, les garçons présentant un surpoids étaient considérés comme moins fréquemment actifs par leurs parents que ceux ne présentant pas de surpoids (tableau 6). La sédentarité, estimée par le temps quotidien moyen passé devant la télévision et/ou les jeux vidéo, n’était pas liée à la présence d’un surpoids chez les filles. En revanche, le temps moyen pondéré passé devant la télévision ou les jeux vidéo était de 2,5 heures (± 1,2) chez les garçons présentant un surpoids contre 2,1 heures (± 1,2) chez les garçons n’en présentant pas (p = 0,002). Ce
résultat était retrouvé en distinguant les jours d’école de ceux sans école. Aucune différence n’a été mise en évidence pour le temps passé devant des jeux vidéo seuls. |
|
Tableau 6 Surpoids et d'obésité± infantiles en relation avec l'activité et la sédentarité chez les enfants de 7 à 9 ans, France, 2000 (N=1 1147) |
| |
F i l l e s |
G a r ç on s |
| Surpoidsª |
Obésité b |
Surpoidsª |
Obésité b |
| non |
oui |
p |
non |
oui |
p |
non |
oui |
p |
non |
oui |
p |
| Effectif |
464 |
107 |
|
551 |
20 |
|
481 |
95 |
|
553 |
23 | | | |