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INTRODUCTION
Au cycle des approfondissements, l'élève
continue à acquérir les bases de son éducation : maîtrise
du langage et de la langue française, éducation civique, mathématiques,
éducation artistique et éducation physique. Toutefois, il y accède
différemment, car il entre dans une phase de son développement psychologique
qui lui permet de construire des connaissances de manière plus réfléchie,
de s'approprier des instruments intellectuels plus assurés. Il reste cependant
plus que jamais nécessaire de solliciter toutes les facettes de son intelligence
et, plus particulièrement, ses capacités d'action et sa sensibilité.
Ainsi, la pédagogie du cycle 3 ne doit pas se replier sur une conception
abstraite et formelle de l'accès aux connaissances. Elle reste appuyée
sur l'expérience concrète.
En entrant au cycle 3, l'élève franchit
une étape importante de sa scolarité. Les compétences qu'il
vient d'acquérir en lecture et en écriture lui permettent d'enrichir
ses possibilités d'information et de renforcer ses apprentissages. Les
savoirs et les savoir-faire mathématiques qu'il a découverts lui
donnent la possibilité de décrire plus rigoureusement les phénomènes
auxquels il s'intéresse et leur évolution. Certes, il n'a encore
que peu d'autonomie dans l'usage des uns et des autres, et le cycle 3 va être
l'occasion d'acquérir, dans chacun de ces domaines, une maîtrise
plus affirmée. Il sera aussi une ouverture vers de nouveaux enseignements
: histoire, géographie, observation réfléchie de la langue
française (grammaire), langue étrangère ou régionale,
sciences expérimentales et technologie.
Les enseignants disposent de trois années pour
permettre à chaque élève, sans exception, d'acquérir
des savoir-faire intellectuels, l'appétit de savoir et des attitudes à
l'égard d'autrui sans lesquels il ne pourra bénéficier de
l'enseignement qui lui sera proposé au collège. Ils disposent aussi
de ces trois années pour continuer à faire de la mémoire
de leurs élèves l'instrument privilégié de l'intégration
des connaissances nouvellement acquises. Dans cette perspective, les programmes
sont organisés de manière à articuler deux grands domaines
généraux - la maîtrise du langage et de la langue française,
l'éducation civique - avec des enseignements maintenant plus ancrés
dans leurs disciplines de référence, qui fournissent à chacun
les bases d'une culture équilibrée.
La maîtrise du langage et de la langue française
constitue le premier pôle. Elle doit être, pour chaque enseignant
du cycle 3, la priorité des priorités et une préoccupation
permanente. Aucun élève ne doit quitter l'école primaire
sans avoir cette assurance minimale dans le maniement du français oral
et du français écrit qui permet d'être suffisamment autonome
pour travailler au collège.
L'accès à la maîtrise du langage,
telle qu'elle est définie par les programmes, peut se heurter au fait que
certains élèves arrivent en début de cycle sans avoir acquis
les bases de la lecture et de l'écriture. Il peut en être de même
pour les mathématiques. La différenciation des enseignements dont
ces élèves doivent bénéficier doit faire l'objet d'un
"programme personnalisé d'aide et de progrès" (PPAP (5).
Un accompagnement plus individualisé dans les moments de la progression
qui visent les objectifs généraux de maîtrise du langage peut
suffire dans certains cas, des moments spécifiques doivent être dégagés
dans d'autres. Pour tous les élèves, les compétences relatives
à l'usage du langage oral, de la lecture et de l'écriture qui devront
être acquises en fin de cycle 3 supposent un travail assidu et régulier
et, donc, pour les enseignants, l'élaboration d'une programmation rigoureuse
mettant en jeu des progressions d'apprentissage ordonnées.
Cette partie si importante du programme comporte deux
types d'horaires : des horaires propres et des horaires transversaux. Les premiers
sont répartis sur plusieurs champs disciplinaires : "littérature
(dire, écrire, lire)", "observation réfléchie de la langue
française (grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire)", mais aussi
"langue étrangère ou régionale" contribuant à une
première prise de conscience des différences qui distinguent le
français, et "vie collective" dont le temps hebdomadaire de "débat
réglé" est l'occasion la plus féconde d'entraîner chacun
à l'usage de la parole. Les seconds sont transversaux et concernent tous
les champs disciplinaires sans exception : un temps significatif de chacun d'entre
eux devra être consacré à l'apprentissage du parler, du lire
et de l'écrire dans le contexte précis des savoirs et des types
d'écrits qui le caractérisent.
Cela conduit certes à une organisation plus
complexe des emplois du temps, mais c'est un choix délibéré.
En effet, la maîtrise du langage ne peut en aucun cas être acquise
dans des exercices formels fonctionnant à vide. En particulier, si l'on
souhaite que chaque élève comprenne les textes qu'il lit, il est
nécessaire qu'il sache se servir du code alphabétique pour reconnaître
quasi instantanément les mots qu'il rencontre, mais il est tout aussi nécessaire
qu'il ait acquis des connaissances fermes et dispose d'une culture suffisamment
riche pour se donner des représentations précises de ce qu'il a
lu. Bref, la maîtrise du langage écrit s'acquiert d'abord dans tous
les domaines spécifiques du cycle 3 grâce aux multiples connaissances
qu'ils assurent. Pas une minute ne doit être soustraite des enseignements
qui donnent à chacun une solide culture sous prétexte que certains
élèves ne lisent pas comme ils le devraient ou ont des difficultés
d'écriture. Ce sont ces derniers qui ont le besoin le plus évident
de cet apport irremplaçable. Chaque lecture, chaque projet d'écriture
doit venir s'ancrer dans une activité qui, par ailleurs, construit des
connaissances précises.
Ainsi, la maîtrise du langage et de la langue
française est une dimension présente dans toutes les activités
du cycle 3, elle doit avoir une place précise dans chaque progression d'apprentissage
et faire l'objet d'évaluations régulières. Bref, elle doit
être un souci constant des maîtres. Pour aider ces derniers à
organiser leur enseignement, un tableau récapitulatif des compétences
relatives au parler, au lire et à l'écrire qui doivent être
visées dans chaque domaine est proposé à la fin du chapitre
"Maîtrise du langage et de la langue française".
L'éducation civique
est l'autre pôle organisateur d'une école qui se caractérise
par le fait que les savoirs s'y constituent collectivement. Sans une conscience
claire des contraintes du "vivre ensemble", l'élève ne peut découvrir
les horizons que la confrontation avec autrui ouvre à chacun. C'est dans
ses dernières années d'école primaire qu'il apprend véritablement
à construire, avec ses camarades et avec ses enseignants, des relations
de respect mutuel et de coopération réfléchie qui permettent
une première sensibilisation aux valeurs civiques. L'habitude d'envisager
les problèmes posés par la vie collective, lors de réunions
régulièrement prévues à l'emploi du temps (une heure
par quinzaine), est, au cycle 3, un aspect important de cette éducation.
Celle-ci se nourrit aussi des connaissances acquises par ailleurs.
Les autres enseignements du cycle 3 se distribuent
en quatre grands domaines : le premier visant la langue française et l'éducation
littéraire et humaine, le deuxième l'éducation scientifique,
le troisième et le quatrième mettant plus directement en jeu le
corps avec l'éducation artistique d'une part, l'éducation physique
et sportive de l'autre. Aucun de ces domaines n'est fermé sur lui-même.
Il faut constamment apprendre aux élèves à réutiliser
les compétences et les connaissances qu'ils ont acquises, hors du champ
particulier dans lequel elles ont été construites.
Dans le premier domaine,
langue française et éducation littéraire et humaine,
ont été rassemblés des enseignements qui se renforcent en
permanence les uns les autres tant par les connaissances qu'ils structurent que
par les compétences communes qu'ils permettent d'acquérir. Ils constituent
les bases d'une culture solide que les autres grands domaines viennent enrichir.
La littérature fait
partie de cette culture sans laquelle la plupart des références
de la conversation ordinaire (a fortiori de nos lectures) nous échappent.
Il ne s'agit pas, évidemment, d'instaurer au cycle 3 des techniques d'explication
des textes qui ne pourraient être à ce niveau que des bavardages.
Il faut, au contraire, que les enfants lisent et lisent encore de manière
à s'imprégner de la riche culture qui s'est constituée et
continue de se développer dans la littérature de jeunesse, qu'il
s'agisse de ses "classiques" sans cesse réédités ou de la
production vivante de notre temps. C'est sur la base de ces lectures que peuvent
se développer dans l'école des débats sur les grands problèmes
abordés par les écrivains, comme sur l'émotion tant esthétique
que morale qu'ils offrent à leurs lecteurs. C'est sur la base des mêmes
lectures que les enfants découvrent le plaisir de dire les textes qui les
ont marqués ou de prolonger dans des tentatives d'écriture le plaisir
qu'ils ont eu à les fréquenter.
On ne saurait apprendre à maîtriser le
langage, en particulier écrit, sans une observation
réfléchie de la langue française (grammaire, conjugaison,
orthographe, vocabulaire).
C'est lorsqu'on comprend les logiques d'une langue que l'on peut prendre plaisir
à jouer avec elle et le faire avec efficacité. C'est parce que l'on
aura pris le temps de cette réflexion, dans le cadre de l'horaire qui lui
est réservé, que l'on pourra, chaque fois qu'on écrit (dans
n'importe lequel des domaines d'enseignement du cycle 3), faire référence
à ces observations patiemment effectuées pour réviser les
textes élaborés et s'assurer d'une relative sécurité
orthographique. Cette plus grande familiarité avec la structure de la langue
permet aussi de mieux comprendre les textes qui, du fait de leur relative complexité,
résistent à une interprétation immédiate. Toutes les
dimensions de cette observation, qu'elles concernent la syntaxe, la morphosyntaxe
ou le lexique, peuvent être explorées.
L'enseignement des langues étrangères
ou régionales
a été rapproché de cette découverte du fonctionnement
de la langue française. Ce n'est pas parce qu'on suppose que la langue
étrangère s'acquiert seulement par la maîtrise de la grammaire.
Bien au contraire, le programme est tout entier placé sous le signe de
l'exploration de situations de communication, d'autant plus consistantes pour
l'élève qu'elles s'inscrivent dans des situations ordinaires de
sa vie, tant à l'école qu'en dehors. Les enfants doivent pouvoir
évoquer des moments de leur existence pour les mettre en regard avec l'expérience
d'élèves d'autres pays et se donner des moyens d'entrer directement
en contact avec eux. Les langues régionales jouent le même rôle,
en particulier lorsqu'elles permettent aux élèves de nouer des relations
avec d'autres générations. La découverte de ces langues est
un appui pour consolider la réflexion sur la langue française. Elle
est aussi une ouverture sur le monde, qu'il soit lointain (langues étrangères)
ou proche (langues régionales).
L'histoire et la géographie aident
l'élève à construire une première intelligence du
temps historique et de la diversité des espaces transformés par
l'activité humaine. Elles lui donnent les références culturelles
nécessaires pour que le monde des hommes commence à prendre du sens
pour lui. Tout en continuant à réserver à l'histoire de France
et au territoire français une part prépondérante, ces enseignements
ouvrent une dimension européenne et même mondiale aujourd'hui indispensable.
Appuyés sur une première découverte du document en histoire,
sur la lecture des cartes et des paysages en géographie, ils élargissent
la curiosité des élèves et leur offrent des connaissances
qui pourront être réinvesties utilement en littérature, en
sciences expérimentales ou en éducation artistique. L'histoire et
la géographie fournissent enfin un appui solide à l'éducation
civique par les savoirs qu'elles apportent et la méthode critique qu'elles
développent. Plus largement, la comparaison avec des sociétés
différentes dans le temps et l'espace doit permettre à l'élève
de se construire une identité forte, à la fois sûre d'elle-même
et ouverte, fondée sur la conscience de s'inscrire dans un héritage
et de participer à l'aventure d'un espace commun à tous les hommes.
Une autre importante nouveauté réside
dans le domaine voué à une première éducation scientifique.
Les mathématiques, d'un côté, les sciences expérimentales
et la technologie, de l'autre, doivent être aussi souvent que possible liées
dans la mise en œuvre des programmes. Si, en mathématiques, une réflexion
nouvelle sur l'apprentissage du calcul se fait jour, qui prend en compte les machines
susceptibles de suppléer l'homme dans ce domaine, l'essentiel du programme
réside dans l'orientation pragmatique d'un enseignement des mathématiques
centré sur la résolution de problèmes. Par là, les
connaissances élaborées dans les différents domaines des
mathématiques prennent leur signification. Elles deviennent des instruments
disponibles pour traiter nombre de situations et pour entrer dans les sciences
d'une autre manière. Le nouveau programme de
sciences et technologie est,
en effet, résolument centré sur une approche
expérimentale. Les connaissances
proposées sont d'autant mieux assimilées qu'elles sont nées
de questions qui se sont posées à l'occasion de manipulations, d'observations,
de mesures. Ces enseignements s'ouvrent aussi sur les grands problèmes
éthiques de notre temps auxquels les enfants sont particulièrement
sensibles (développement économique, environnement ou santé).
Un autre domaine a été revisité
: celui qui, sous le nom d'éducation
artistique, met l'accent sur
une intelligence sensible que seules de véritables pratiques développent.
Comme dans les cycles précédents, il permet d'aborder deux grands
champs, les arts visuels et la musique, complétés par le théâtre
et la poésie (en liaison avec le programme de littérature), et la
danse (en liaison avec le programme d'éducation physique et sportive).
La pratique de la voix est au cœur des activités musicales comme du
théâtre ou de la poésie. Le dessin reste une part importante
des arts visuels qui s'ouvrent aussi à la photographie ou au cinéma.
La découverte ordonnée des œuvres majeures est un autre aspect
nouveau de ce programme. Chaque écolier devra avoir rencontré celles
qui, désignées dans les documents d'application annexés au
présent programme, constituent une culture de référence partageable.
Le contact avec celles qui sont directement accessibles du fait de leur proximité,
et dont la liste est fixée dans chaque académie, est le second volet
de cette première initiation à l'histoire de l'art.
L'éducation physique et sportive,
au cycle 3, vise comme dans les cycles antérieurs la structuration de la
personne et la transformation de soi. Toutefois, le développement des capacités
et des ressources nécessaires aux conduites motrices prend, à cet
âge, une dimension nouvelle. Par ailleurs, la découverte active du
patrimoine culturel que représentent les diverses activités physiques,
sportives et artistiques mettant en jeu le corps contribue à doter chaque
élève d'une vision des pratiques sociales correspondantes qui ne
se limite pas aux quelques caricatures trop souvent tracées. L'acquisition
des réflexes nécessaires à la sécurité et des
compétences et connaissances susceptibles de maintenir le corps en forme
est un aspect important du respect de soi et, donc, de l'éducation au sens
plein du terme.
Au cycle 3, comme dans les cycles précédents,
les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont des instruments
ordinaires du travail quotidien qui, au même titre que la maîtrise
du langage et de la langue française ne peuvent être exercés
à vide. À la fin du cycle, les élèves doivent avoir
été suffisamment familiarisés avec leurs différentes
fonctions pour avoir acquis sans difficulté les compétences prévues
au niveau 1 du Brevet informatique et internet (B2i) précisées ci
après (V).
De même, l'utilisation réfléchie
des images (fixes ou mobiles) ne fait pas l'objet d'un enseignement spécifique
et se déploie dans chaque domaine, permettant aux élèves
de percevoir aisément les différents usages qui en sont faits.
Pour accéder à une véritable maîtrise
du langage, à un usage autonome de la lecture et à des compétences
déjà solides en écriture, objectifs majeurs du cycle 3, les
élèves doivent lire et écrire tous les jours pendant un temps
suffisant dans tous les domaines disciplinaires. De plus, des ateliers de lecture
sont régulièrement organisés dans chacun de ces champs, notamment
dans celui consacré à la littérature. Là encore, c'est
la régularité de l'activité qui compte : les temps de lecture
et d'écriture quotidiens ne doivent pas, au total, être inférieurs
à 2 heures.
(5) B.O. n°
42 du 23 novembre 2000, B.O. n° 13 du 29 mars 2001.
Horaires
| DOMAINES |
CHAMPS DISCIPLINAIRES |
HORAIRE MINIMUM |
HORAIRE MAXIMUM |
HORAIRE DU DOMAINE |
| Langue française Éducation littéraire et humaine |
Littérature (dire,
lire, écrire) |
4 h 30
|
5 h 30
|
12 h
|
Observation réfléchie
de la langue
française (grammaire,
conjugaison,orthographe,
vocabulaire) |
1 h 30
|
2 h
|
| Langue étrangère
ou régionale |
1 h 30
|
2 h
|
| Histoire et géographie |
3 h
|
3 h 30
|
| Vie collective (débat
réglé) |
0 h 30
|
0 h 30
|
Éducation
scientifique |
Mathématiques
Sciences expérimentales
et technologie |
5 h
2 h 30
|
5 h 30
3 h
|
8 h
|
| Éducation artistique |
Éducation musicale
Arts visuels |
3 h
|
3 h
|
| Éducation
physique et sportive |
3 h
|
3 h
|
| DOMAINES TRANSVERSAUX |
HORAIRE |
| Maîtrise
du langage et de la langue française |
13 h réparties
dans tous les champs disciplinaires
dont 2 h quotidiennes pour des activités
de lecture et d'écriture |
| Éducation
civique |
1 h répartie
dans tous les champs disciplinaires
0 h 30 pour le débat hebdomadaire |
DOMAINES TRANSVERSAUX
MAÎTRISE DU LANGAGE
ET DE LA LANGUE FRANÇAISE
OBJECTIFS
La maîtrise du langage et de la langue française, dans leurs usages scolaires, à
l'oral comme à l'écrit, est l'objectif essentiel de l'école primaire. Elle est un droit pour chaque élève et doit rester un
souci permanent de tous les enseignants du cycle 3. Elle est la base de l'accès à toutes les connaissances, permet d'ouvrir de multiples horizons et assure
à l'enfant toute sa place de futur citoyen.
La maîtrise du langage et de la langue française
n'étant jamais définitivement atteinte, on entend par "maîtrise
du langage et de la langue française dans leurs usages scolaires" l'ensemble
des capacités qui permettent à un élève de bénéficier
pleinement des échanges oraux qui ont lieu dans la classe à propos
de tous les aspects du programme, de lire en les comprenant les textes supports
de toutes les activités pédagogiques, de se servir de l'écriture
pour organiser les connaissances requises à ce niveau, pour les mémoriser
et pour manifester par écrit ce qui en a été compris et acquis.
Ces capacités ne peuvent se construire à vide. Elles se mettent
en place à l'occasion d'expériences intellectuelles et culturelles
spécifiques dans l'école, mais aussi à l'extérieur
de celle-ci.
Pendant le cycle 2, l'acquisition de la lecture et
de l'écriture constituait le versant le plus important de la maîtrise
du langage et imposait qu'on y consacre l'essentiel des activités. Toutefois,
on continuait parallèlement à développer tous les autres
aspects du langage oral dans les grands domaines d'apprentissage et à nourrir
l'élève des connaissances culturelles sans lesquelles la compréhension
de ce qu'il lit demeurerait bien trop limitée.
Au cycle 3, aucun des différents aspects de
la maîtrise du langage oral et écrit ne doit être négligé.
En particulier, le fait qu'une grande majorité des élèves
soient parvenus à une première autonomie en lecture ne doit en aucun
cas conduire à omettre d'en poursuivre l'enseignement de manière
spécifique. On doit veiller à obtenir une véritable articulation
entre la compréhension de textes de plus en plus complexes et de plus en
plus variés et la reconnaissance des mots qui, progressivement, s'automatise.
Afin d'éviter toute dispersion, ce sont les textes d'une culture scolaire,
entendue dans son véritable sens de "culture devant être obligatoirement
partagée par tous les élèves avant la fin de la scolarité
primaire", qui sont privilégiés. Elle est définie par les
programmes et orientée par de larges listes d'œuvres proposées
dans les documents d'application.
L'un des dangers majeurs des pédagogies de la
lecture et de l'écriture de l'école primaire est d'isoler les textes
rencontrés (ou produits) du contexte qui est le leur et de conduire les
élèves à croire que la lecture ou l'écriture ne sont
que des exercices. Un autre danger est celui qui fait négliger les entraînements
nécessaires en se satisfaisant des résultats obtenus par les meilleurs
élèves.
Afin d'éviter l'un et l'autre, l'enseignement
de la lecture et celui de l'écriture sont d'abord, au cycle 3, rattachés
aux grands domaines disciplinaires définis par le programme. On lit, on
écrit de la littérature, de l'histoire, de la géographie,
des sciences, etc. Pour éviter que l'entraînement, encore nécessaire
à cet âge, ne soit négligé, chacun de ces domaines
disciplinaires comporte, dans l'horaire qui est le sien, des "ateliers" de lecture
destinés à renforcer les compétences de tous les élèves
(stratégies de compréhension, automatisation de la reconnaissance
des mots). Les objectifs de ces ateliers, bien qu'ils concernent tous les domaines
disciplinaires, sont plus particulièrement détaillés dans
le programme du domaine "Littérature".
Lorsque les évaluations nationales de CE2 mettent
en évidence que certains des enfants scolarisés dans le cycle des
approfondissements sont sortis du cycle précédent sans avoir encore
acquis toutes les compétences de base de la maîtrise du langage,
ils doivent bénéficier d'un programme personnalisé d'aide
et de progrès (PPAP). Celui-ci comporte des activités adaptées
aux difficultés spécifiques de chaque élève et s'organise
dans le cadre ordinaire de la classe (par exemple, sous forme d'ateliers mis en
place pendant que les autres élèves sont en activité autonome
ou encore à l'occasion de décloisonnements offrant la possibilité
de participer à des ateliers tournants). Les élèves concernés
ne doivent, en aucun cas, être exclus des autres apprentissages prévus
au programme du cycle 3 sans lesquels ils ne pourraient comprendre véritablement
ce qu'ils lisent et seraient dans l'incapacité d'écrire des textes
riches et variés.
PROGRAMME
La maîtrise du langage et de la langue française
constitue l'objectif majeur du programme de l'école élémentaire.
Elle donne lieu à des contenus spécifiques. Mais elle se construit
aussi dans la transversalité de l'ensemble des apprentissages. Ce sont
les compétences visées à la fin du cycle qui permettent d'organiser
le travail : programmation des activités sur toute la durée du cycle,
structuration de chaque séquence d'apprentissage (découverte des
notions ou des savoir-faire et renforcement des acquis), évaluation des
acquis.
Ces compétences peuvent être générales
ou spécifiques. Les compétences générales concernent
toutes les activités intellectuelles mises en jeu par l'élève
et toutes les formes de la communication qui s'établissent dans la classe.
Elles sont travaillées dans des "ateliers" organisés au sein de
chacun des domaines disciplinaires : pour introduire une technique de travail
plus exigeante, pour consolider une technique qui paraît chancelante, pour
conduire les élèves qui n'y sont pas encore parvenus à s'approprier
plus fermement un savoir-faire. Dans ce cas, il ne s'agit en rien d'un travail
occasionnel mais d'un apprentissage organisé et structuré. Par exemple,
prendre la parole devant la classe pour expliquer ce que l'on a fait ne s'improvise
pas. Cela suppose une technique particulière : quels aspects du travail
fait doit-on rapporter ? dans quel ordre ? de quelle manière ? en prenant
appui sur quel type d'aide-mémoire ? Si l'on souhaite que cette prise de
parole soit mise au service des apprentissages, il faut construire patiemment
les savoir-faire concernés. On a des chances d'y parvenir si l'on ne se
contente pas de le faire en mathématiques ou en sciences. Il faudra donc
programmer des séquences de travail dans plusieurs domaines disciplinaires.
L'équipe de cycle doit établir une programmation qui tienne compte,
pour chaque compétence travaillée, de la hiérarchie des difficultés
(se servir d'un aide-mémoire pour prendre la parole est plus difficile
que se servir d'un aide-mémoire pour rédiger un petit texte) et
de la diversité des domaines dans lesquels la compétence est découverte,
travaillée, retrouvée, évaluée.
Les compétences spécifiques visent d'abord
à construire les connaissances et les savoir-faire du domaine disciplinaire
concerné : dire à haute voix un texte poétique qui a été
lu et travaillé, lire seul et en dehors de la classe une œuvre littéraire,
trouver une information dans une encyclopédie pour apprécier les
conclusions tirées sur les résultats d'une expérience, écrire
la légende d'un document de géographie, etc. La maîtrise du
langage oral ou écrit est, dans ce cas, très fortement dépendante
du domaine disciplinaire concerné. Elle suppose moins une généralisation
des compétences travaillées qu'une particularisation de celle-ci
(on ne lit pas un énoncé de mathématiques comme un compte
rendu d'expériences, même si ces deux textes ont souvent en commun
de comporter des données chiffrées). Les compétences visées
relèvent alors d'une programmation propre au champ disciplinaire.
La maîtrise du langage est renforcée par
un programme de grammaire conçu comme un exercice de réflexion sur
le fonctionnement du français, en particulier en liaison avec la production
de textes. Le programme de littérature vient, lui aussi, soutenir l'autonomie
en lecture et en écriture des élèves. Par ailleurs, l'apprentissage
d'une langue étrangère ou régionale donne la possibilité
à ceux qui n'ont pas la chance d'être déjà plurilingues
de prendre une distance par rapport à la langue nationale et par là
d'en mieux comprendre l'usage. Le débat hebdomadaire consacré à
la vie collective sert de champ d'exercice privilégié pour le débat
réglé.
Compétences devant
être acquises en fin de cycle
Tout au long de sa scolarité primaire
et secondaire, l'élève acquiert de nombreuses compétences
relatives au langage. Elles lui permettent d'accéder à une
progressive autonomie dans son travail intellectuel. Pendant le cycle 3,
l'élève commence à passer d'un usage scolaire du langage
caractérisé par un fort accompagnement du maître à
un usage plus personnel qui lui permet de progressivement travailler avec
moins de guidage, en particulier en lecture. Il prend ainsi plus de responsabilité
dans les processus d'apprentissage. Ces compétences sont en cours
de construction et donc fragiles. Elles ne se stabiliseront pas avant la
fin du collège.
Ces compétences doivent être travaillées
en permanence, quelle que soit l'activité programmée. Elles
doivent être évaluées en premier lieu dans tous les
apprentissages et faire l'objet de bilans réguliers.
1 - COMPÉTENCES GÉNÉRALES
1.1 Savoir se servir des échanges
verbaux dans la classe
Prendre la parole en public est un acte toujours
difficile (peur de la réaction des autres, du jugement de l'adulte,
inhibitions, traditions socioculturelles, etc.). La maîtrise du langage
oral ne peut en aucun cas être réservée aux seuls élèves
à l'aise. Il est donc essentiel que les situations mettant en jeu
ces processus de communication soient régulièrement proposées
à tous les élèves et qu'elles soient conduites avec
patience et détermination.
Situations de dialogue collectif (échanges
avec la classe et avec le maître)
- saisir rapidement l'enjeu de l'échange
et en retenir les informations successives ;
- questionner l'adulte ou les autres élèves
à bon escient ;
- se servir de sa mémoire pour conserver
le fil de la conversation et attendre son tour ;
- s'insérer dans la conversation ;
- reformuler l'intervention d'un autre élève
ou du maître.
Situations de travail de groupe et mise en commun
des résultats de ce travail
- commencer à prendre en compte les points
de vue des autres membres du groupe ;
- commencer à se servir du dialogue pour
organiser les productions du groupe ;
- commencer à rapporter devant la classe
(avec ou sans l'aide de l'écrit) de manière à rendre
ces productions compréhensibles.
Situations d'exercice
- mieux questionner la consigne orale ou écrite
de manière à reconnaître la catégorie d'exercices
à laquelle elle est rattachée ;
- formuler une demande d'aide ;
- lire à haute voix tout texte utile à
l'avancée du travail ;
- exposer ses propositions de réponse
et expliciter les raisons qui ont conduit à celles-ci.
En toute situation
- s'interroger sur le sens des énoncés,
comparer des formulations différentes d'une même idée,
choisir entre plusieurs formulations celle qui est la plus adéquate
;
- rappeler de manière claire et intelligible
les expériences et les discours passés ; projeter son activité
dans l'avenir en élaborant un projet ;
- après avoir entendu un texte (texte
littéraire ou texte documentaire) lu par le maître, le reformuler
dans son propre langage, le développer ou en donner une version plus
condensée ;
- à propos de toute lecture entendue ou
lue, formuler une interprétation et la confronter à celle
d'autrui ;
- oraliser des textes (connus, sus par cœur
ou lus) devant la classe pour en partager collectivement le plaisir et l'intérêt.
1.2 Avoir acquis une meilleure maîtrise
du langage écrit dans les activités de la classe
Savoir lire pour apprendre
- lire et comprendre seul les consignes ordinaires
de l'activité scolaire ;
- lire et utiliser tout texte scolaire relatif
aux diverses activités de la classe (manuels scolaires, fiches de
travail, affiches d'organisation des activités, etc.) ;
- consulter avec l'aide de l'adulte les documents
de référence (dictionnaires, encyclopédies, grammaires,
bases de données, sites sur la toile, etc.) et se servir des instruments
de repérage que ceux-ci comportent (tables des matières, index,
notes, moteurs de recherche, liens hypertextes...) ;
- mettre en relation les textes lus avec les
images, les tableaux, les graphiques ou les autres types de documents qui
les complètent ;
- penser à s'aider, dans ses lectures,
des médiations susceptibles de permettre de mieux comprendre ce qu'on
lit.
Avoir acquis une première compétence
d'écriture et de rédaction
- souligner (ou surligner) dans un texte les
informations qu'on recherche, puis pouvoir les organiser en liste sur un
support de papier ou grâce à l'ordinateur ;
- copier rapidement un texte d'au moins dix lignes
sans erreur orthographique, correctement mis en page, avec une écriture
cursive régulière et lisible ;
- orthographier correctement un texte simple
lors de sa rédaction ou dans une phase de relecture critique, en
s'aidant de tous les instruments disponibles ;
- rédiger, à partir d'une liste
ordonnée d'informations, un texte à dominante narrative, explicative,
descriptive ou injonctive, seul ou à plusieurs, dans le cadre d'un
projet d'écriture relevant de l'un des grands domaines disciplinaires
du cycle 3, à partir des outils élaborés par la classe
;
- réécrire un texte, en référence
au projet d'écriture et aux suggestions de révision élaborées
en classe et, pour cela, ajouter, supprimer, déplacer ou remplacer
des morceaux plus ou moins importants de textes, à la main ou en
utilisant un logiciel de traitement de texte ;
- mettre en pages et organiser un document écrit
dans la perspective d'un projet d'écriture en en respectant les conventions
(affiche, journal d'école, fiche technique, opuscule documentaire,
page de site sur la toile...) et en insérant éventuellement
les images, tableaux ou graphiques nécessaires.
2 - COMPÉTENCES SPÉCIFIQUES
La mise en œuvre des champs disciplinaires
de chaque domaine est l'occasion de développer de nombreuses compétences
de maîtrise du langage. Elles doivent être programmées
sur toute la durée du cycle, prévues dans chaque préparation
d'activité et régulièrement évaluées. |
| PARLER |
LIRE |
ÉCRIRE
|
|
Éducation
civique
|
- Participer à un débat,
- distribuer la parole
et faire respecter l'organisation
d'un débat,
- formuler la décision
prise à la suite d'undébat,
- pendant un débat,
passer de l'examen d'un
cas particulier à une règle générale. |
- Comprendre les articles
successifs des règles de vie de la classe ou de l'école et
montrer qu'on les a compris en donnant les raisons qui les ont fait retenir. |
- Avec l'aide du maître,
noter les décisions prises
durant un débat,
- avec l'aide du maître, rédiger des règles de vie,
- participer à la rédaction collective d'un protocole d'enquête
ou de visite,
- participer au compte rendu d'une enquête ou d'une visite |
|
Littérature
(dire, lire, écrire)
|
- Formuler dans ses propres
mots une lecture entendue,
- participer à
un débat sur l'interprétation d'un
texte littéraire en étant susceptiblede
vérifier dans le texte ce qui interdit
ou permet l'interprétation soutenue,
- être capable
de restituer au moins dix textes
(de prose, de vers ou de théâtre)
parmi ceux qui ont été mémorisés,
- dire quelques-uns de
ces textes en proposant
une interprétation (et en étant susceptible
d'expliciter cette dernière),
- mettre sa voix et son
corps en jeu dans un travail
collectif portant sur un texte théâtral
ou sur un texte poétique. |
- Se servir des catalogues
(papiers ou informatiques)
de la BCD pour trouver un
livre,
- se servir des informations
portées sur la couverture
et la page de titre d'un livre pour
savoir s'il correspond au livre que l'on
cherche,
- comprendre en le lisant
silencieusement un texte
littéraire court (petite nouvelle, extrait...)
de complexité adaptée à l'âge et
à la culture des élèves en s'appuyant sur un
traitement correct des substituts des
noms, des connecteurs, des formes verbales,
de la ponctuation..., et en faisant les
inférences nécessaires,
- lire, en le comprenant,
un texte littéraire long en mettant en mémoire ce qui a été
lu (synthèses successives) et en mobilisant ses souvenirs lors des
reprises.
|
- Élaborer et écrire
un récit d'au moins une vingtaine
de lignes, avec ou sans support, en
respectant des contraintes orthographiques,
syntaxiques, lexicales et
de présentation,
- écrire un fragment
de texte de type poétique
en obéissant à une ou plusieurs règles
précises en référence à des textes poétiques
lus et dits. |
|
Observation
réfléchie de la langue française (grammaire, orthographe,
conjugaison, vocabulaire)
|
| - Participer à l'observation
collective d'un texte
ou d'un fragment de texte pour mieux comprendre
la manière dont la langue française
y fonctionne, justifier son point de
vue. |
- Retrouver à quel
substantif du texte renvoient
les différents substituts (pronoms, substituts
nominaux),
- interpréter
correctement les différents mots
de liaison d'un texte,
- comprendre correctement
la signification des
divers emplois des temps verbaux du
passé dans la narration,
- se servir d'un ouvrage
simple de grammaire ou
d'un répertoire pour chercher
une information. |
- Repérer, lors d'un
projet d'écriture, une rupture
du choix énonciatif et la corriger,
- opérer toutes
les transformations nécessaires
pour, par un bon usage des
substituts du nom, donner plus de
cohésion à son texte,
- employer à bon
escient les principaux mots
de liaison,
- marquer l'accord sujet/verbe
(situations régulières),
- repérer et réaliser
les chaînes d'accorddans
le groupe nominal,
- distinguer les principaux homophones
grammaticaux (et/est ; ces/ses/s'est/c'est ;
etc.),
- construire le présent, le
passé composé, l'imparfait, le passé simple,
le futur, le conditionnel et le présent du subjonctif des
verbes les plus fréquents,
- utiliser les temps verbaux du passé
dans une narration (en particulier en utilisant à bon
escient l'opposition entre imparfait et passé simple),
- utiliser tous les instruments permettant
de réviser l'orthographe d'un texte. |
|
Langues
étrangères ou régionales
|
- Comprendre quelques énoncés
oraux simples dans une
autre langue que le français,
- engager un dialogue
simple (avec un locuteur
facilitant la communication) dans la
langue étudiée,
- décrire des
lieux ou des personnes connus et
faire un très court récit dans une autre langue
que le français. |
- Reconnaître des fragments
de textes dans leur contexte
d'usage dans une autre langue
que le français |
- Écrire une courte
carte postale dans une autre
langue que le français,
- répondre à
un questionnaire simple dans une
autre langue que le français. |
|
Histoire
|
- Utiliser correctement le
lexique spécifique de
l'histoire dans les différentes situations didactiques
mises en jeu,
- participer à
l'examen collectif d'un document
historique en justifiant son point de
vue,
- comprendre et analyser,
avec l'aide du maître,
un document oral,
- avec l'aide du maître,
raconter un événement
ou l'histoire d'un personnage. |
- Lire et comprendre un ouvrage documentaire, de niveau
adapté, portant sur
l'un des thèmes au programme,
- trouver sur la toile
des informations historiques
simples, les apprécier de manière critique
et les comprendre,
- avec l'aide du maître,
comprendre un document
historique simple (texte écrit ou document
iconographique) en relation au programme,
en lui donnant son statut de
document,
- comprendre un récit
historique en relation au
programme, en lui donnant son statut de
récit historique. |
- Noter les informations dégagées
pendant l'examen d'un
document,
- rédiger une
courte synthèse à partir des informations
notées pendant la leçon,
- rédiger la légende
d'un document iconographique
ou donner un titre à un récit
historique |
|
Géographie
|
- Utiliser le lexique spécifique
de la géographie
dans les différentes situations didactiques
mises en jeu,
- participer à
l'examen collectif d'un document
géographique (paysage ou carte) en
justifiant son point de vue,
- décrire un paysage. |
- Lire et comprendre un ouvrage documentaire, de niveau
adapté, portant sur
l'un des thèmes au programme,
- trouver sur la toile
des informations géographiques
simples, les apprécier de
manière critique et les comprendre,
- lire un document géographique
complexe (tableau, carte
avec légende, diagramme, etc.). |
- Pouvoir rédiger la
légende d'un documentgéographique,
- pouvoir rédiger
une courte description d'un
document géographique (paysage),
- pouvoir rédiger
une courte synthèse à
partir des informations notées pendant la
leçon,
- prendre des notes à
partir des informations
lues sur une carte. |
|
Mathématiques
|
- Utiliser le lexique spécifique des mathématiques
dans les différentes situations
didactiques mises en jeu,
- formuler oralement,
avec l'aide du maître, un
raisonnement rigoureux,
- participer à
un débat et échanger des
arguments à propos de la validité d'une
solution. |
- Lire correctement une consigne
d'exercice, un énoncé
de problème,
- traiter les informations
d'un document écrit
incluant des représentations (diagramme,
schéma, graphique),
- lire et comprendre
certaines formulations spécifiques
(notamment en géométrie). |
- Rédiger un texte
pour communiquer la démarche
et le résultat d'une recherche individuelle
ou collective,
- élaborer, avec
l'aide de l'enseignant, des
écrits destinés à servir de référence dans les différentes
activités. |
|
Sciences
expérimentales et technologie
|
- Utiliser le lexique spécifique
des sciences dans les
différentes situations didactiques mises
en jeu,
- formuler des questions
pertinentes,
- participer activement
à un débat argumenté pour
élaborer des connaissances scientifiques en
en respectant les contraintes (raisonnement
rigoureux, examen critique des
faits constatés, précision des
formulations, etc.),
- utiliser à bon
escient les connecteurs logiques
dans le cadre d'un raisonnement rigoureux,
- désigner les
principaux éléments informatiques. |
- Lire et comprendre un ouvrage documentaire, de niveau
adapté, portant sur l'un
des thèmes au programme,
- trouver sur la toile
des informations scientifiques
simples, les apprécier de
manière critique et les comprendre,
- traiter une information
complexe comprenant du
texte, des images, des
schémas, des tableaux, etc. |
- Prendre des notes lors d'une
observation, d'une expérience,
d'une enquête, d'une visite,
- rédiger, avec
l'aide du maître, un compte rendu
d'expérience ou d'observation (texte
à statut scientifique),
- rédiger un texte
pour communiquer des
connaissances (texte à statut documentaire),
- produire, créer,
modifier et exploiter un document
à l'aide d'un logiciel de
traitement de texte,
- communiquer au moyen
d'une messagerie électronique. |
|
Éducation
artistique
|
- Utiliser le lexique spécifique
des arts visuels ou de
la musique dans les différentes situations
didactiques mises en jeu,
- commencer à
expliciter ses choix et ses jugements
face aux pratiques artistiques réalisées
ou aux œuvres rencontrées,
- participer activement
à l'élaboration d'un
projet collectif de création artistique. |
- Trouver et lire les documents
nécessaires à
l'élaboration d'un projet artistique,
- trouver sur la toile
des informations artistiques
et culturelles simples, les
apprécier de manière critique et
les comprendre. |
- Rendre compte, dans un projet
d'écriture collective,
d'une réalisation artistique (catalogue
d'une exposition, programme d'un
concert, guide pour la visite d'un monument,
affiche...),
- participer à
l'élaboration collective d'un écrit
de fiction en référence à une œuvre ou
à une série d'œuvres d'art. |
|
Éducation
physique et sportive
|
- Utiliser le lexique spécifique
de l'éducation physique
et sportive dans les différentes situations
didactiques mises en jeu,
- participer à
l'élaboration d'un projet d'activité,
- expliciter les difficultés
que l'on rencontre dans
une activité. |
- Lire une règle de
jeu, une fiche technique, et
les mettre en œuvre,
- trouver sur la toile
des informations concernant
les activités sportives de
référence des activités pratiquées |
- Rédiger une fiche
technique permettant de
réaliser un jeu (matériel nécessaire, durée,
lieu...),
- noter les performances
réalisées et les présenter
de manière à réutiliser l'information
dans les prochaines séances,
- rendre compte d'un
événement sportif auquel
la classe a participé (dans le cadre de
l'USEP par exemple). |
ÉDUCATION CIVIQUE
OBJECTIFS
L'éducation civique,
au cycle 3, doit permettre à chaque élève de mieux s'intégrer
à la collectivité de la classe et de l'école au moment où
son caractère et son indépendance s'affirment. Elle le conduit à
réfléchir sur les problèmes concrets posés par sa
vie d'écolier et ainsi à prendre conscience de manière plus
explicite de l'articulation entre liberté personnelle, contraintes de la
vie sociale et affirmation de valeurs partagées. Par les connaissances
acquises, elle l'engage à élargir sa réflexion aux autres
collectivités : la commune, la nation, l'Europe et le monde.
L'éducation civique n'est pas, en priorité,
l'acquisition d'un savoir, mais l'apprentissage pratique d'un comportement. Ce
domaine n'est donc pas lié à un enseignement, mais à tous.
Tout au long du cycle, une heure en moyenne par semaine devra être consacrée
à l'explicitation des problèmes concernant l'éducation civique
dans les différents champs disciplinaires. De plus, une demi-heure par
semaine est réservée dans l'emploi du temps à l'organisation
des débats dans lesquels la classe organise et régule la vie collective,
tout en passant progressivement de l'examen des cas singuliers à une réflexion
plus large.
PROGRAMME
1 - Participer pleinement à la vie de son école
En continuant à apprendre à débattre
avec ses camarades, l'élève comprend tout ce que la confrontation
à autrui apporte à chacun malgré ses contraintes. Écouter
l'autre est une première forme de respect et d'acceptation de la différence.
Ce respect de la différence, dans la mesure
où il ne porte pas atteinte aux valeurs universelles des droits de l'homme,
a de multiples autres occasions de s'exercer : lutte contre les formes quotidiennes
de rejet, accueil du nouvel élève isolé, intégration
d'un enfant handicapé. Les divers champs disciplinaires le renforcent et
en montrent l'intérêt. Ainsi les sciences expérimentales font
mieux comprendre les différences entre garçons et filles, l'histoire
et la géographie ou les arts les différences culturelles. L'éducation
physique oblige à respecter le concurrent ou l'adversaire.
Si l'éducation civique ne peut se limiter, comme
on le croit trop souvent aujourd'hui, à une lutte quotidienne contre les
actes de violence, l'école doit demeurer un lieu où toute agression,
même verbale, doit être impérativement combattue. Lutter contre
celle-ci suppose une action de tous les instants, qui déborde très
largement le domaine de l'éducation civique (littérature, sciences,
arts, éducation physique et sportive...). Une attention toute particulière
est portée aux situations qui peuvent l'engendrer : mise à l'écart,
échec scolaire, ennui en récréation ou pendant la pause du
déjeuner. Toute situation de violence constatée doit faire l'objet,
lorsqu'elle a été circonscrite, d'une réflexion individuelle
et collective qui en facilite la prévention.
Les enseignants veillent à ce que les élèves
se sentent responsables des lieux où ils travaillent et respectent les
règles élémentaires de politesse et de civilité. Au
cycle 3, on peut faire comprendre que, même si elles peuvent varier selon
les pays et les cultures et évoluer d'une époque à l'autre,
ces règles ne sont pas des rituels dépourvus de signification qu'on
pourrait abandonner sans risque : elles facilitent la vie en commun.
Plus largement, les enseignants font comprendre la
signification des contraintes justifiées de la vie collective par le surcroît
de liberté qu'elles apportent. La petite société que constitue
l'école permet de conduire cette réflexion de manière concrète
dans le cadre des débats prévus à l'emploi du temps. Le règlement
intérieur et les lois républicaines qu'il met en application dans
l'école doivent y être expliqués comme une condition indispensable
à toute vie collective, pour les élèves comme pour les adultes.
Les règles de vie de la classe sont élaborées par les élèves
sous la direction du maître. Les difficultés nées de leur
mise en œuvre sont régulièrement examinées afin d'en
améliorer le fonctionnement et le respect. Ces débats sont l'occasion
d'une mise en pratique de la communication réglée : ordre du jour,
présidence de séance, compte rendu.
Ces réunions aux quelles peuvent participer
d'autres adultes de la communauté scolaire sont aussi l'occasion, lorsque
des conflits éclatent, de mener une réflexion approfondie sur ce
qui relève de valeurs pour lesquelles il n'est pas possible de transiger
ou, au contraire, du libre choix de chacun.
2 - Être citoyen dans sa commune
Les élèves se familiarisent avec l'institution
démocratique la plus proche d'eux, la commune, par une visite à
la mairie et une première découverte du rôle des élus
(maire, conseil municipal) dans les affaires scolaires et l'amélioration
de la vie des habitants.
3 - Être citoyen en France
À travers les leçons d'histoire, l'élève
comprend ce que signifie appartenir à une nation démocratique.
La Déclaration des droits de l'Homme et du
citoyen est l'occasion d'aborder les articles qui concernent les diverses
expressions de la liberté.
L'installation de la République au XIXème
siècle conduit l'élève à réfléchir sur
la différence entre monarchie et république et sur l'émergence
du suffrage universel. Au XXème siècle, le "point fort" sur la Cinquième
République doit permettre d'évoquer le rôle du président
de la République et du gouvernement ainsi que celui du Parlement, sans
entrer dans des détails trop complexes.
L'élève découvre diverses formes
de participation à la vie démocratique : le vote, l'acceptation
de charges électives, l'engagement dans la vie publique.
Il apprend que, même si la réalité
n'est jamais entièrement conforme à l'idéal, celui-ci doit
continuer à être affirmé pour guider les comportements et
structurer l'action, à partir d'exemples historiques comme l'esclavage
ou l'inégalité entre les hommes et les femmes.
4 - S'intégrer à l'Europe, découvrir
la francophonie, s'ouvrir au monde
Les enseignants font découvrir l'Europe et développent
la curiosité de leurs élèves sur les pays de l'Union européenne
dans les séquences de géographie et dans celles consacrées
à l'apprentissage d'une langue étrangère. Ils encouragent
les contacts directs (par correspondance ou courrier électronique) avec
d'autres classes d'enfants européens. De la même façon, l'élève
apprend l'existence d'une communauté de langues et de cultures, la francophonie,
qui constitue un pont entre le territoire national et le monde. Il observe le
rôle que joue aujourd'hui la monnaie unique : l'euro.
À travers la géographie, l'élève
prend conscience du caractère mondial de nombreux problèmes économiques
ou culturels, il perçoit les grandes inégalités entre régions
du globe et, donc, les solidarités nécessaires. Il découvre
que la Convention internationale des droits de l'enfant de 1989 est loin
d'être appliquée dans plusieurs pays, en particulier en ce qui concerne
le travail des enfants de son âge. Par les sciences, il mesure les menaces
qui pèsent sur l'environnement et la responsabilité de chacun.
Enfin, l'éducation artistique et littéraire
montre comment l'artiste et l'écrivain, témoins de leur temps et
de leur société, sont aussi porteurs de valeurs universelles : l'attachement
légitime à un groupe, un pays, une culture, n'est donc pas incompatible
avec l'ouverture au monde.
Compétences devant
être acquises en fin de cycle
Être capable de :
- prendre part à l'élaboration
collective des règles de vie de la classe et de l'école ;
- participer activement à la vie de la
classe et de l'école en respectant les règles de vie ;
- participer à un débat pour examiner
les problèmes de vie scolaire en respectant la parole d'autrui et
en collaborant à la recherche d'une solution ;
- respecter ses camarades et accepter les différences
;
- refuser tout recours à la violence dans
la vie quotidienne de l'école.
Avoir compris et retenu :
- quelles sont les libertés individuelles
qui sont permises par des contraintes de la vie collective ;
- quelles sont les valeurs universelles sur lesquelles
on ne peut transiger (en s'appuyant sur la Déclaration des droits
de l'homme et du citoyen) ;
- le rôle de l'idéal démocratique
dans notre société ;
- ce qu'est un État républicain
;
- ce que signifient l'appartenance à une
nation, la solidarité européenne et l'ouverture au monde ;
- la responsabilité que nous avons à
l'égard de l'environnement ;
- le rôle des élus municipaux dans
la commune. |
LANGUE FRANÇAISE,
ÉDUCATION LITTÉRAIRE ET HUMAINE
LITTÉRATURE (DIRE, LIRE, ÉCRIRE)
OBJECTIFS
Le programme de littérature du cycle 3
vise à donner à chaque élève un répertoire
de références appropriées à son âge et puisées
dans la littérature de jeunesse, qu'il s'agisse de son riche patrimoine
ou de la production toujours renouvelée qui la caractérise. Il permet
ainsi que se constitue une culture commune susceptible d'être partagée,
y compris entre générations. Ces rencontres avec les œuvres
passent par des lectures à haute voix (du maître ou des élèves)
comme par des lectures silencieuses. Elles permettent d'affermir la compréhension
de textes complexes, sans pour autant s'enfermer dans des explications formelles
difficilement accessibles à cet âge. Elles se poursuivent par des
échanges et des débats sur les interrogations suscitées et
donnent par là l'occasion d'éprouver les libertés et les
contraintes de toute interprétation.
Avec les œuvres poétiques et théâtrales,
les élèves, guidés par leur enseignante ou leur enseignant,
prolongent l'interprétation en cherchant à la transmettre au public
de leurs camarades ou à un public plus large. En liaison avec les activités
artistiques (musique, arts visuels, danse) ou dans le cadre d'un projet, ils élaborent
la mise en voix et la mise en scène des textes.
L'univers de cette littérature se découvre
aussi, dès l'école primaire, par la pratique de l'écriture.
Cette expérience, plus exigeante, permet à l'élève
de commencer à prendre conscience des spécificités du monde
des fictions.
Ces multiples parcours de lecture et d'écriture
sont programmés par les maîtres de l'équipe de cycle en s'appuyant
sur la bibliographie publiée et régulièrement mise à
jour par les soins du ministère de l'éducation nationale.
Une partie de l'horaire consacré à la
littérature est réservée à des "ateliers" de lecture
qui conduisent progressivement tous les élèves à une véritable
autonomie face aux textes. Cela suppose un travail régulier et patient
conjuguant l'amélioration de la reconnaissance des mots ainsi que la structuration
et la diversification des stratégies de compréhension des textes.
La part de l'emploi du temps réservée aux ateliers varie du début
à la fin du cycle en fonction des besoins des élèves.
PROGRAMME
1 - Lecture des textes de la littérature de
jeunesse
Les textes lus au cycle 3 sont choisis parmi ceux qui
sont répertoriés dans la bibliographie publiée avec les textes
d'application. Elle comporte des "classiques de l'enfance" souvent réédités
et qui constituent un patrimoine se transmettant de génération en
génération. Elle comporte aussi des œuvres de la littérature
de jeunesse vivante dont la liste est régulièrement renouvelée.
Chaque année, deux "classiques" doivent être lus et au moins huit
ouvrages appartenant à la bibliographie de littérature de jeunesse
contemporaine.
Ce programme de lecture ne paraît démesuré
que si l'on tente d'expliquer dans le détail et dans sa totalité
chacun des textes choisis. Il ne s'agit surtout pas d'enfermer les élèves
plusieurs semaines durant dans un livre qui va perdre, de ce fait, tout intérêt
et même toute signification. On privilégiera au contraire le parcours
rapide, seul susceptible de permettre à cet âge la compréhension
d'ensemble de l'œuvre. Une séance peut suffire pour une courte nouvelle
ou un poème, une à deux semaines sont nécessaires pour terminer
un roman un peu long. L'enseignant peut lire le texte à haute voix, résumer
des passages trop longs ou faisant trop digression, inviter ses élèves
à des lectures oralisées, à des lectures silencieuses faites
en classe ou hors de la classe... L'essentiel est de permettre que l'œuvre
vienne s'inscrire dans la mémoire de chacun par les divers aspects qui
la constituent : les personnages, la trame narrative, des expressions, le texte
d'un passage fort (qui peut faire l'objet d'une mémorisation littérale
suivie d'une interprétation)...
Le maître guide les élèves dans
leur effort de compréhension. Il les engage à reformuler ce qu'ils
ont compris avec leurs propres mots, puis, par un dialogue attentif, il les conduit
à combler les lacunes ou les erreurs qu'il constate. Il les aide à
construire les articulations entre chaque séance de lecture d'un même
texte (synthèse de ce qui a été lu, débat tentant
d'anticiper ce qui peut suivre, contrôle par la lecture, etc.). L'enseignant
éduque ainsi ses élèves à la nécessaire rigueur
qui préside à tout acte de lecture.
C'est aussi l'occasion, pour l'enseignant, d'attirer
l'attention sur les aspects les plus ouverts de l'œuvre et de susciter des
conflits d'interprétation nécessitant un effort d'argumentation.
Pour que l'élève puisse acquérir
des références culturelles, il importe que les lectures ne soient
pas abordées au hasard, mais se constituent, tout au long du cycle, en
réseaux ordonnés : autour d'un personnage, d'un motif, d'un genre,
d'un auteur, d'une époque, d'un lieu, d'un format, etc. Au cycle des approfondissements,
c'est cet aspect de la lecture littéraire qui doit être privilégié
plutôt que l'explication approfondie d'une œuvre.
Chaque lecture, lorsqu'elle a fait l'objet d'un travail
de compréhension et d'interprétation, laisse en suspens des émotions
et pose de multiples questions qui peuvent devenir des thèmes de débat
particulièrement riches. Cette exploration de l'univers de connaissances
et de valeurs qu'est la littérature peut être conduite très
librement à partir d'un texte (voire d'un extrait) ou, au contraire, de
la confrontation de plusieurs lectures, ou encore en s'appuyant sur des œuvres
ou connaissances rencontrées dans les autres enseignements (un film, un
tableau, un paysage, un portrait photographique, une gravure, etc.).
Au cycle 3, la plupart des élèves deviennent
capables de lire de manière autonome des textes de littérature de
jeunesse, c'est-à-dire de les comprendre et d'en proposer une interprétation
sans l'aide de l'adulte. Toutefois, les compétences de lecture restant
à cet âge très variables, les enseignants veillent à
suggérer des œuvres appropriées à chacun, tant par l'intérêt
qu'elles suscitent que par les difficultés qu'elles présentent.
L'objectif est de faire de chaque enfant un lecteur assidu. Là encore,
il convient de ne pas être pusillanime et de pousser chacun à emprunter
fréquemment des livres dans les bibliothèques accessibles (BCD,
bibliothèque publique du quartier, bibliobus, etc.). Un livre par mois
au moins devrait être considéré comme une base même
si l'on sait que, pour certains élèves, les lectures personnelles
du cycle 3 passent encore beaucoup par la lecture à haute voix des adultes.
Les lectures autonomes doivent relever d'abord du plaisir de la découverte
d'une œuvre. Elles ne doivent déboucher sur aucune activité
susceptible de décourager les élèves mais peuvent faire une
large place à des rituels qui développent les sociabilités
de la lecture : signaler à la classe une découverte, partager avec
un autre lecteur du même livre ses impressions, conseiller une lecture à
un camarade, faire partie d'un jury de sélection, participer à un
débat avec d'autres classes, etc. On peut aussi encourager les élèves
à se doter d'un "carnet de lecture" qu'ils utilisent très librement
pour conserver en mémoire les titres des œuvres lues et le nom de
leurs auteurs, pour noter un passage ou une réflexion et ainsi se donner
les moyens d'une relation plus intime avec le livre. Pour les enfants ne parvenant
pas à cette autonomie, la BCD et la bibliothèque publique de proximité
doivent fournir de multiples occasions d'auditions de lecture.
2 - Dire les textes
Au cycle 3, l'élève devient capable de
dire les textes lus et relus ou mémorisés en totalité. Il
est plus judicieux de les choisir parmi les œuvres découvertes dans
les lectures faites en classe, élues à cette fin pour le plaisir
qu'elles ont procuré lorsqu'on les a rencontrées. Ce travail repose
d'abord sur l'expérimentation active de la voix et de ses effets (pauses,
rythme, inflexions, intonations, intensité, etc.), ensuite sur l'articulation
entre l'effort de compréhension et celui de diction, enfin sur l'épreuve
du travail fait, face à des auditoires variés. Une dizaine de textes
de longueur raisonnable, particulièrement bien choisis pour leurs qualités
littéraires et le travail d'interprétation qu'ils permettent, sont
mémorisés chaque année.
Le travail régulier de diction des textes peut
s'accompagner de projets plus ambitieux (en particulier lorsque le théâtre
est abordé), éventuellement appuyés par le renfort technique
d'artistes dans le cadre d'un projet d'école ou d'un projet artistique
et culturel (PAC), qui, au-delà de la mise en voix, utilisent les ressources
corporelles pour déployer l'interprétation des textes dans l'espace
et pour les donner tout à la fois à entendre et à voir. Il
existe des relations fortes entre dire des textes et les chanter. Chaque fois
que cela sera possible, on tentera d'articuler l'une et l'autre activité,
sans oublier qu'une chorale peut très judicieusement être l'occasion
de les rapprocher.
La lecture à haute voix joue un rôle important
lors de la rédaction d'un texte ou au moment de sa révision. Dire
son texte ou le texte d'un camarade, c'est en expérimenter la cohésion
et les effets.
3 - Écrire à partir de la littérature
La plupart des genres littéraires rencontrés
en lecture peuvent être le point de départ d'un projet d'écriture
(conte, récit des origines, légende, nouvelle policière,
nouvelle de science-fiction, récit de voyage fictif, fable, pièce
de théâtre...).
L'enseignant conduit ce travail de manière progressive
en s'appuyant sur les textes lus ou en recourant à ceux-ci chaque fois
que c'est nécessaire. Il peut, par exemple, inviter ses élèves
à prolonger, compléter ou transformer un texte narratif, poétique
ou théâtral. Il peut encore les conduire à écrire un
épisode nouveau dans un texte narratif, un dialogue ou une description
destinés à s'insérer dans un récit ou à le
prolonger...
Le pastiche, l'imitation, le détournement sont
les bases du travail d'écriture, en référence aux textes
littéraires. Le recours aux prototypes doit être permanent, soit
pour dégager des caractéristiques susceptibles de guider la mise
en œuvre du projet, soit pour répondre aux questions que sa réalisation
ne manque pas de poser.
La révision reste, comme dans tous les projets
d'écriture, un moment essentiel. Les élèves doivent être
régulièrement conduits à ajouter, supprimer, remplacer, déplacer
des fragments de textes sur leurs propres brouillons ou sur ceux de leurs camarades,
en s'appuyant sur les annotations des autres élèves ou du maître
et en utilisant les outils construits par la classe. Ce travail peut s'effectuer
sur le papier en mettant en œuvre instruments d'écriture, ciseaux
et colle, ou sur un logiciel de traitement de texte dont les fonctionnalités
plus complexes sont découvertes à cette occasion. Il en est de même
pour tout ce qui relève de la révision orthographique.
Tout projet d'écriture peut se prolonger par
un projet d'édition du texte réalisé. C'est l'occasion, pour
les élèves, de s'initier à la fabrication d'un livre (couverture,
page de titre, mise en pages, illustration) et de sa diffusion (insertion dans
une collection, présentation au public, critique). Il peut en être
de même pour un journal, pour une affiche, pour une page destinée
à un site internet ou à un cédérom. Au-delà
des aspects de présentation, l'élève apprend à écrire
en fonction des effets recherchés et des publics auxquels il s'adresse
: décrire une expérience, convaincre un correspondant, toucher un
lecteur.
La pratique de l'écriture poétique développe
la curiosité et le goût pour la poésie. Elle doit essentiellement
se présenter sous forme de jeux combinant l'invention et les contraintes
d'écriture.
Au cycle 3, l'écriture manuscrite est quotidiennement
sollicitée. Il importe qu'elle reste ferme et lisible tout en devenant
de plus en plus cursive. Certains élèves ont encore besoin d'un
exercice regulier de la main.Tous doivent profressivement s'approprier les bases
acquises au cycle précédent pour en faire une écriture plus
personnelle. À l'occasion des activités d'édition de textes,
dans tous les domaines, on peut conduire les élèves à explorer
des familles de caractères susceptibles d'enrichir leurs moyens graphiques
(écriture, mise en pages, etc.).
4 - Ateliers de lecture
L'accès à la lecture autonome (lecture
silencieuse sans aide d'un adulte) suppose, tout au long du cycle 3, un travail
régulier. Laisser les élèves fréquenter des fichiers
de lecture qui ne prévoient, comme seule intervention didactique, que le
contrôle des réponses faites à un questionnaire ne saurait
en aucun cas suffire. Des ateliers de lecture doivent être mis en place,
dans chaque domaine d'activité, en particulier lorsque l'on découvre
des textes d'un type nouveau ou de nouvelles modalités de lecture. Leur
mise en œuvre est développée de manière plus approfondie
à propos du domaine "Littérature". Ces recommandations peuvent être
transférées aisément aux textes rencontrés dans les
autres domaines. En aucun cas, cependant, les ateliers de lecture ne peuvent se
substituer à l'activité proprement dire.
L'élève doit, pour progresser, apprendre
à mieux gérer une tâche complexe : d'une part traiter successivement
les marques linguistiques du texte, d'autre part en élaborer la compréhension
en s'appuyant sur la signification des mots et des phrases lus mais aussi en mobilisant
des connaissances préalables (connaissances sur le thème du texte,
connaissances sur la langue). Si une partie de ce travail devient automatique,
toute l'attention peut être dirigée vers l'activité la plus
délicate : celle qui conduit à la compréhension du texte.
Pour aider l'élève à acquérir
plus d'autonomie, il peut être utile de travailler séparément
chacun de ces aspects. Lorsque le travail porte sur la lecture de mots nouveaux
ou de structures syntaxiques délicates, on limite la difficulté
de la compréhension en préparant le texte au préalable ou
en aidant les élèves en cours de lecture. Lorsque le travail porte
sur le développement des stratégies de compréhension, on
limite le nombre de mots rares et de structures syntaxiques complexes.
L'amélioration de la reconnaissance des mots
rares ou des structures syntaxiques difficiles peut être développée
à partir de jeux où la vitesse de réaction et la finesse
de la discrimination (entre des mots proches visuellement, par exemple) sont encouragées.
On prendra garde toutefois à se souvenir que "reconnaissance" implique
"connaissance" et que l'entraînement à la lecture de mots ou de structures
syntaxiques rares doit obligatoirement être précédé
d'un travail oral sur les mêmes réalités (voir "Observation
réfléchie de la langue française"). On se rappellera aussi
que l'écriture reste l'un des meilleurs moyens d'entrer dans la structure
orthographique d'un mot rare ou d'une marque syntaxique et peut donc grandement
aider à l'automatisation de sa reconnaissance en lecture.
La compréhension des textes suppose d'abord
un usage judicieux de la mémoire susceptible d'intégrer les informations
qui sont données successivement au cours de la lecture. Il faut conduire
les enfants à ce va-et-vient incessant entre ce qui vient d'être
lu du texte et ce qui est en cours de lecture, sans lequel ne se constituent que
des îlots de compréhension isolés les uns des autres.
Il convient ensuite d'amener l'enfant au bon repérage
des marques linguistiques qui, à l'écrit comme dans le langage d'évocation,
guident cette intégration (dans le cadre de la phrase comme dans celui
du texte). Les substituts du nom (nominaux ou pronominaux), la ponctuation, les
temps du verbe, les connecteurs, etc., doivent être travaillés de
manière explicite dans les ateliers de lecture. Ils permettent souvent
de faire les inférences nécessaires à la compréhension
que les jeunes lecteurs négligent ou ne parviennent pas à réaliser.
Là encore, l'explicitation est nécessaire : par exemple, le bon
traitement d'un pronom suppose la prise en compte de son genre et de son nombre,
le repérage de sa fonction, etc.
Enfin, l'accès à l'autonomie suppose
la gestion volontaire par le lecteur de tout le processus. L'enfant doit apprendre
à passer de compréhensions ponctuelles et lacunaires à des
compréhensions qui prennent en compte tous les aspects du texte en même
temps que les savoirs antérieurement accumulés. Cela relève
d'un effort et d'une exigence qui ne vont pas de soi. C'est en explicitant avec
eux tout le procédé que les enseignants peuvent amener leurs élèves
à prendre à leur compte les diverses facettes du processus et de
son contrôle.
Les ateliers doivent donc offrir des activités
judicieusement programmées, susceptibles de faire découvrir ces
démarches de manière ordonnée, tout en consolidant les bases
de l'acte de lecture (automatisation de la reconnaissance des mots).
Compétences devant
être acquises en fin de cycle
Les compétences acquises dans le programme
de littérature sont des compétences liées à
l'exercice de la parole, de la lecture et de l'écriture. Elles sont
donc précisées ici et reportées dans le tableau général
des compétences spécifiques de la maîtrise du langage
et de la langue française.
Être capable de :
- se servir des catalogues (papiers ou informatiques)
de la BCD pour trouver un livre ;
- se servir des informations portées sur
la couverture et la page de titre d'un livre pour savoir s'il correspond
au livre que l'on cherche ;
- comprendre en le lisant silencieusement un
texte littéraire court (petite nouvelle, extrait...) de complexité
adaptée à l'âge et à la culture des élèves
en s'appuyant sur un traitement correct des substituts des noms, des connecteurs,
des formes verbales, de la ponctuation... et en faisant les inférences
nécessaires ;
- lire en le comprenant un texte littéraire
long, mettre en mémoire ce qui a été lu (synthèses
successives) en mobilisant ses souvenirs lors des reprises ;
- lire personnellement au moins un livre de littérature
par mois ;
- reformuler dans ses propres mots une lecture
entendue ;
- participer à un débat sur l'interprétation
d'un texte littéraire et en étant susceptible de vérifier
dans le texte ce qui interdit ou permet l'interprétation défendue
;
- restituer au moins dix textes (de prose, de
poésie ou de théâtre) parmi ceux qui ont été
mémorisés ;
- dire quelques-uns de ces textes en en proposant
une interprétation (et en étant susceptible d'expliciter cette
dernière) ;
- pouvoir mettre sa voix et son corps en jeu
dans un travail collectif portant sur un texte théâtral ou
sur un texte poétique ;
- élaborer et écrire un récit
d'au moins une vingtaine de lignes, avec ou sans support, en respectant
des contraintes orthographiques, syntaxiques, lexicales et de présentation
;
- pouvoir écrire un fragment de texte
de type poétique en obéissant à une ou plusieurs règles
précises en référence à des textes poétiques.
Avoir compris et retenu :
- que le sens d'une œuvre littéraire
n'est pas immédiatement accessible, mais que le travail d'interprétation
nécessaire ne peut s'affranchir des contraintes du texte ;
- qu'on ne peut confondre un récit littéraire
et un récit historique, la fiction et le réel ;
- les titres des textes lus dans l'année
et le nom de leurs auteurs. |
OBSERVATION RÉFLÉCHIE
DE LA LANGUE FRANÇAISE (grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire)
OBJECTIFS
L'observation réfléchie de la langue
française conduit les élèves à examiner des productions
écrites comme des objets qu'on peut décrire, et dont on peut définir
les caractéristiques. Ils comparent des éléments linguistiques
divers (textes, phrases, mots, sons, graphies...) pour en dégager de façon
précise les ressemblances et les différences. À cet égard,
l'observation réfléchie de la langue française doit être
un moment de découverte visant à développer la curiosité
des élèves et leur maîtrise du langage, et non une série
d'exercices répétitifs mettant en place des savoirs approximatifs
et l'usage prématuré d'une terminologie inutilement complexe.
Les connaissances acquises dans les séquences
consacrées à la grammaire sont essentiellement réinvesties
dans les projets d'écriture (quel que soit l'enseignement concerné).
Ceux-ci peuvent servir de supports à de nouvelles observations des phénomènes
lexicaux, morphosyntaxiques, syntaxiques ou orthographiques. La familiarisation
acquise avec les structures de la langue permet aussi de résoudre certains
problèmes de compréhension face à des textes plus complexes.
Pour faciliter cette observation, quelques techniques
d'exploration du langage doivent être régulièrement utilisées
:
- classer (des textes, des phrases, des mots, des graphies)
en justifiant les classements réalisés par des indices précis
;
- manipuler des unités linguistiques (mots,
phrases, textes), c'est-à-dire savoir effectuer certaines opérations
de déplacement, remplacement, expansion, réduction, d'où
apparaîtront des ressemblances et différences entre les objets étudiés.
PROGRAMME
1 - Le verbe et le nom dans la phrase et dans le texte
Dans la phrase française comme dans la plupart
des langues, le verbe et le nom sont les points d'articulation des principaux
phénomènes syntaxiques. Leur identification permet d'entrer dans
la construction de la phrase ou du texte et de comprendre qu'elle n'est pas une
simple succession de mots. Leur manipulation met en évidence les liens
qu'ils entretiennent avec tous les autres composants de l'énoncé.
Cette première prise de conscience du rôle
du verbe et du nom dans la structuration de l'énoncé est complétée
par la découverte des phénomènes qui donnent leur cohérence
et leur cohésion aux textes, en particulier aux textes narratifs.
1.1 Le verbe (grammaire, conjugaison, orthographe)
Le verbe est identifié dans une phrase en repérant
les modifications qui peuvent l'affecter (personne, nombre, temps...) ou les éléments
qui peuvent l'entourer (la négation, le nom ou le pronom sujet...). L'élève
ne doit pas être conduit à imaginer qu'il existe une procédure
automatique pour découvrir le verbe. Il doit être au contraire familiarisé
avec l'idée qu'il ne peut s'agir que du constat de critères convergents.
On découvre les particularités de sa
syntaxe en repérant que chaque verbe implique l'usage de certains compléments
à l'exclusion d'autres et que le sens de l'énoncé se modifie
lorsqu'on utilise un même verbe sans complément ou avec des types
de compléments différents (par exemple : jouer, jouer à,
jouer de...).
Les jeux (déplacement, substitution, expansion,
réduction) sur quelques expansions du verbe (adverbes, compléments...)
permettent de développer une plus grande flexibilité lors de la
mise en mots dans les projets d'écriture et de renforcer la compréhension
des textes.
L'orthographe du verbe concerne essentiellement l'accord
avec le sujet. Elle suppose que cette relation soit bien perçue par l'élève
et qu'il sache mobiliser son attention pour marquer l'accord dans toutes les activités
d'écriture (y compris d'écriture sous la dictée), du moins
lorsque la construction est régulière. Une première approche
des homophones grammaticaux comme et/est ; ces/ses/s'est/c'est ; a/à ;
etc. (dont la plupart concerne des verbes) vient compléter ce travail orthographique.
La conjugaison est, au cycle 3, centrée sur
l'observation des variations qui affectent les verbes. Les règles d'engendrement
du présent, du passé composé, de l'imparfait, du passé
simple, du futur, du conditionnel et du présent du subjonctif peuvent être
aisément dégagées, ainsi que les régularités
orthographiques qui les caractérisent (les formes rares seront étudiées
au collège). Les verbes les plus fréquents sont étudiés
en priorité.
Une première réflexion sur les temps
verbaux permet d'opposer l'expression verbale du "une fois" à celle du
"toujours". L'approche des diverses manières de situer et de caractériser
les événements dans le passé par l'emploi des divers temps
verbaux se fait dans la narration.
1.2 Le nom (grammaire, orthographe)
Le nom peut être identifié dans une phrase
par ses variations (en nombre et en genre) et par les éléments qui
l'entourent (essentiellement les déterminants et les expansions).
En comparant les différentes déterminations
du nom (articles, déterminants possessifs, démonstratifs, indéfinis),
on peut, en particulier, distinguer celles qui renvoient à un individu
et celles qui renvoient à toute une classe.
Les jeux (déplacement, substitution, expansion,
réduction) sur les différentes expansions du nom (adjectif qualificatif,
relative, complément du nom) permettent de développer l'agilité
de l'élève dans les projets d'écriture et d'affermir sa compréhension
des textes.
Le repérage des chaînes d'accord dans
le groupe nominal est une condition essentielle de la maîtrise de l'orthographe
grammaticale. L'élève doit apprendre à mobiliser son attention
pour marquer l'accord lorsqu'il écrit (y compris sous la dictée).
Les mêmes phénomènes pourront être
identifiés dans la langue étrangère ou régionale étudiée
par ailleurs.
2 - Quelques phénomènes grammaticaux
portant sur le texte
La fermeté du choix énonciatif présidant
à la production d'un texte est une conquête difficile pour les élèves
de l'école primaire et reste à cet âge plus implicite que
réfléchie. Au cycle 3, il suffit de rendre les élèves
sensibles aux ruptures qui surviennent dans leurs productions et à les
conduire à rétablir l'homogénéité, en particulier
dans les textes narratifs, mais aussi dans les projets d'écriture qui interviennent
dans les différents domaines.
Quelques phénomènes peuvent faire l'objet
d'observations réfléchies :
- repérage des divers substituts d'un nom (pronoms
et substituts nominaux) dans un texte lu et réalisation des substitutions
nécessaires lors d'une activité d'écriture ;
- repérage des mots de liaison (connecteurs
temporels, spatiaux et logiques) dans un texte lu et choix pertinent de ces mots
dans un texte en cours d'écriture ;
- repérage de la diversité des temps
verbaux dans un texte (en particulier, temps du passé dans un texte narratif)
et choix correct de ces temps dans un projet d'écriture ;
- repérage des fonctions syntaxiques de la ponctuation
et usage correct du point et, progressivement, de la virgule.
3 - Vocabulaire et orthographe lexicale
C'est dans les divers enseignements, et en particulier
lors des lectures, que les élèves augmentent leur vocabulaire. C'est
en écrivant qu'ils en fixent l'orthographe. Les amener à mobiliser
rapidement les éléments lexicaux et les expressions susceptibles
d'être utilisés pour évoquer un événement de
la vie quotidienne, un phénomène ordinaire, etc., n'est jamais inutile.
C'est l'occasion de rassembler des matériaux utiles pour une prise de parole,
un projet d'écriture.
Une première réflexion sur le lexique
déjà acquis permet, en repérant les liens qui le structurent,
d'en affermir la compréhension et d'en augmenter la disponibilité,
à l'oral comme à l'écrit. Elle permet aussi de commencer
à distinguer le rôle joué par le lexique dans le choix d'un
registre de langue.
3.1 Activités de vocabulaire
Parmi tous les phénomènes qui contribuent
à la structuration du lexique, c'est sur la polysémie des mots et
sur la relation de cette polysémie avec leur contexte d'emploi qu'il convient
d'insister plus particulièrement. On peut aussi commencer à faire
observer aux élèves les phénomènes de synonymie (dans
l'usage des substituts nominaux), les relations entre mots de sens contraire,
les processus de nominalisation (en particulier dans les textes scientifiques),
l'usage des termes génériques.
Les élèves ont eu l'occasion de jouer
avec des dérivations dès l'école maternelle. Au cycle 3,
il devient possible de les observer de manière plus réfléchie
en opérant des classifications, en tentant de distinguer ceux d'entre eux
qui sont les plus féconds, la manière dont certaines dérivations
sont exclues par la langue... Un rapprochement avec la langue étrangère
ou régionale étudiée peut se révéler particulièrement
judicieux.
Une première approche de la définition
permet de consolider l'usage du dictionnaire.
L'identification de l'origine de quelques mots sensibilise
les élèves aux différents héritages dont le français
est tributaire, notamment en relation avec l'apprentissage de la langue étrangère
ou régionale et l'histoire.
3.2 Maîtrise de l'orthographe lexicale
D'une manière générale, dans chaque
activité mettant en jeu l'écriture, on conduit les élèves
à utiliser tous les instruments nécessaires (répertoires,
dictionnaires, correcteurs informatiques, etc.) pour vérifier et corriger
l'orthographe lexicale.
Par ailleurs, on aide les élèves à
mémoriser l'orthographe lexicale des mots les plus fréquents en
effectuant tous les rapprochements nécessaires entre les mots présentant
les mêmes régularités orthographiques.
Compétences devant
être acquises en fin de cycle
Être capable de :
- effectuer des manipulations dans un texte écrit
(déplacement, remplacement, expansion, réduction) ;
- identifier les verbes dans une phrase ;
- manipuler les différents types de compléments
des verbes les plus fréquents,
- identifier les noms dans une phrase ;
- manipuler les différentes déterminations
du nom (articles, déterminants possessifs, démonstratifs,
indéfinis) ;
- manipuler les différentes expansions
du nom (adjectifs qualificatifs, relatives, compléments du nom) ;
- trouver le présent, le passé
composé, l'imparfait, le passé simple, le futur, le conditionnel
présent et le présent du subjonctif des verbes réguliers
(à partir des règles d'engendrement) ;
- marquer l'accord sujet/verbe (situations régulières)
;
- repérer et réaliser les chaînes
d'accords dans le groupe nominal ;
- utiliser un dictionnaire pour retrouver la
définition d'un mot dans un emploi déterminé.
Avoir compris et retenu :
- qu'un texte est structuré ;
- que les constituants d'une phrase ne sont pas
seulement juxtaposés mais sont liés par de nombreuses relations
(avec le verbe, autour du nom) ;
- que la plupart des mots, dans des contextes
différents, ont des significations différentes ;
- qu'il existe des régularités
dans l'orthographe lexicale et que l'on peut les mobiliser pour écrire. |
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